GÉLASE II
de grand chemin. Bernard fut choisi avec douze religieux pom aller planter la croix de Jésn* -Christ dans ce désert, qui changea bientôt de nom9 ef Rappela la Vallée illustre [Clara vallis) ou Clairvaux. C'était îà que pendant un demi siècle l'Europe ton! entière devait venir admirer dans saint Bernard Se plus grand génie uni à la plus sublime vertu (1115).
28. Un nom fameux remplissait alors de sa réputation les écoles et les monastères de France. Abailard, né à Palais (1079), près de Nantes, avait reçu du ciel le don précieux du génie. 11 ne sut pas le mettre sous la sauvegarde de la vertu, et fit ainsi luimême le malheur de sa vie. Venu à Paris à l'époque ou la philosophie et les sciences, restaurées par les travaux de Lanfranc et de saint Anselme de Cantorbéry, jetaient le plus vif éclat, Abailard suivit d'abord les leçons de Guillaume de Champeaux. En peu de temps le jeune Breton surpassa son maître. Il ouvrit lui-même une école à Melun, à Corbeil, et enfin à Paris. Le prestige de son éloquence et de so-fc prodigieux talent était tel, que, dans «es diverses villes , les âcJL&s publiques ne suffisaient point au nombre des écoliers. Un«2 ardeur immense de science se manifestait au sein du monde religieux. Le xne siècle était comme l'ère du réveil de la philosophie et des lettres chrétiennes. Abailard reçut et communiqua lui-même ce mouvement. Sa renommée l'enivra. Accueilli chez le chanoine Fulbert , on ne sait que trop l'histoire de ses relations avec Héloïse , nièce de son bienfaiteur. Les passions exercèrent un empira tyrannique sur cette âme ardente. Après que le scandale eut éclaté publiquement, Abailard alla d'abord ensevelir sa honte dans le monastère de Saint-Denis. Contraint encore d'en sortir, il se retira \ Provins,, où trois mille disciples allèrent entendre ses leçons. C'est là que nous le retrouverons, â la tête du mouvement rationaliste de son époque, attira f sur s»s doctrines, les vigoureusos attaques de «aint Bernard et les foudres de l'Eglise.
g 3. PositiGcat de Gélase II (25 janvier 1118-29 janvier 1119).
29. La haine de l'empereur d'Allemagne contre Pascal Ilava' été prévoyante. Ce prince avait laissé à Rome, entre les mail.*