‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 203 sur 332 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

mÊm les arar;.-. \ Charles d'Anjou, de son côté, organisa la résistance la plus irbrmidable contre ses adversaires. Mais \1 fut battu sous les murs de Messine et dans les parages de Trapani. Tous les succès de& armes françaises se bornèrent à la prise de Girme, et l'amiral aragonais, Roger de Loria, battit trois fois les flottes combinées de Naples et de France , sur les côtes de la Catalogne. Les hostilités furent suspendues, en 1285, par la aiort simultanée du Pape et des rois de France, Ae Naples, de Castille et d'Aragon Martin IV mourut à Pérouse, le 28 mars 1285.

51. Deux an» auparavant, Michel Paléologue était mort excommunié pour la part qu'il avait prise aux Vêpres siciliennes; les Grecs, qui le comparaient à Julien l'Apostat, vouèrent son âme à la damnation éternelle. De concert avec les moines et les évêques, Andronic II, son fils, prince sans talent, sans cœur et sans courage, lui refusa les honneurs de la sépulture. Le nouvel empereur suivit une conduite diamétralement opposée à celle de son père. Il fit brûler publiquement l'acte de réunion dressé au quatorzième concile général , rompit ouvertement avec Ptome et persécuta les Grecs récemment convertis à la foi catholique. L'on vit partout, comme au temps de Constance, de Léon Flsaurien et de Copronyme, des délateurs, des victimes et des supplices. Quand on implorait la clémence d' Andronic en faveur de tel ou tel ecclésiastique ou laïque , qui avait embrassé la foi romaine , il répondait qu'il ne faisait aucune exception parmi les azymites, « et qu'il les jugeait tous par quelques-uns, comme il reconnais- » sait l'amertume de la mer, par une seule goutte placée sur ses » lèvres. » Le schisme d'Orient, un instant interrompu, se trouvait ainsi rétabli avec plus de force que jamais.

§ «5. Pontifie»! d'Honorius IV (2 avril 1285-3 avril 1287.)

52. Le 2 avril 1285, le cardinal Jacques Savelli fut élu à Pérouse , et sacré à Rome , le 6 mai , sous le nom d'Honorius ÏV . La constitution de Grégoire X, sur le conck^, n'avait point encore été observée pour cette élection. Elle était tellement odieuse aux cardinaux, que, dans la circulaire adres&ee aux évêques de la chrétien Lé , Dour annoncer son élection, Je nou-

392 Nicolas iv (1288-1292).

veau Pape s'exprimait ainsi : « Après les funérailles du pape » Martin IV, d'heureuse mémoire, nous nous sommes assemblés p librement, le 1er avril, sans avoir été enfermés en conclave, » suivant ?ate condamnable qui s'est introduit **?ceniment » dans l'Eglise romaine. » A l'avènement d'Honorms IV, Alphonse III montait sur le trône d'Aragon; Alphonse X inaugurait son règne en Castille, et Philippe IV, dit le Bel, en France. La succession de Charles d'Anjou appartenait à Charles II, dit le Boiteux, son fils. Mais il avait été fait prisonnier, l'année précédente, par Roger de Loria, et il était en ce moment détenu dans les fers du roi d'Aragon. Honorius IV espéra terminer pe* ]es voies de la clémence, le conflit dont les Vêpres siciliennes avaient été le signal entre tous ces princes. Il entama des négociations avec Alphonse III, roi d'Aragon, pour la mise en liberté de Charles II; mais ayant trouvé désavantageuses les conditions qui lui furent proposées par ce prince, sa médiation échoua. Il allait la reprendre sur de nouvelles bases, lorsque la mort l'enleva, en 1287, après deux ans de pontificat.

g 1 ©. Pontificat de Nicolas IV (15 février 1288-4 avril 1292).

53. Une peste survenue au moment où les cardinaux étaient assemblés , obéissant cette fois au décret du concile de Lyon sur les conclaves, prolongea la vacance du Saint-Siège pendant près d'une année. Enfin, le cardinal Tinéi fut élu, malgré sa résistance, le 22 février 1288, et prit le nom de Nicolas IV. Plus heureux qm son prédécesseur, il obtint du roi d'Aragon la mise en liberté de Charles-le-Boiteux, qu'il voulut sacrer lui-même, dans la basilique du Vatican, aux mêmes conditions imposées à Charles IM, son père, par Clément IV. Le traité de Tarascon, qui termina cette grande affaire (1291) , portait renonciation de la part d'Alphonse III, au trône de Sicile. Charles de Valois renonçait à se? prétentions sur le royaume d'Aragon, auquel Martin IV l'avait appelé, et Charles-le-Boiteux renonçait au duché d'Anjou, qui fut donné au comte de Valois. Pendant que l'influence du Pape rendait, ainsi la j»aix à l'Europe, les factions continuaient à désoler la ville de Rome. Jacopo Colonna se faisait proclamer, en

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1290, seigneur du nouvel empire romain. Le parti des Gibelins, qui Pavait élu , promena en triomphe ce fantôme de prince, par les rues de la ville , aux acclamations de la foule qui l'appelait César. Cependant les Orsini , chefs des Guelfes , commencèrent une lutte sanglante et acharnée. Rome fut un théâtre d'émeutes, d'incendies et de carnage. En 1292 , à la suite d'un combat terrible, les deux partis se décidèrent à transiger. Stefano Colonna et Orso Orsini furent élus conjointement sénateurs. Mais cette paix dura peu. U^ mois api es, la mort de Stefano et la démission d'Orsini furent le signal de séditions nouvelles. La mort de Nicolas IV, survenue sur ces entrefaites (4 avril 1292), empêcha ce Pape d'employer son influence à la pacification de Rome. Les deux dernières années de son pontificat avaient été absorbées par la sollicitude que lui causait le déplorable état des chrétiens de la Palestine. La prise de Ptolémaïs, dernier boulevard du royaume latin de Jérusalem, venait de plonger l'Europe dans le deuil. Nicolas IV écrivit en vain les lettres les plus pressantes aux rois d'Occident, pour les engager à une nouvelle croisade ; sa voix ne fut pas écoutée. L'Egypte, la Palestine, la Syrie, toutes ces riches provinces, si fécondes autrefois en églises nombreuses et florissantes, restaient définitivement au pouvoir des fils du Prophète. Nulle main n'est venue, depuis, le* délivrer de ce joug honteux. L'Eglise seule a conservé le titre purement nominal de leurs sièges fameux, et c'est ce qu'on a nommé, depuis, les évêchés in partibus.

| 19. Pontificat de saint Cclcstin \ (1 juillet 1294-15 décembre 1294).

54. Pendant plus de deux ans, les cardinaux ne purent s'accorder sur ie choix d'un souverain Pontife. Ces longues et fréquentes vacances du Saint-Siège auraient suffi seules à prouver la sagesse du décret de Grégoire X, sur la tenue des conclaves, auquel les cardinaux refusaient de se soumettre. Après d'interminables débats, les suffrages se réunirent enfin sur saint Pierres Morone, instituteur de l'ordre des Célestins, dont nous avoni> parlé plus haut. La nouvelle de son élection vint surprendre 1* pieux vieillard dans son austère retraite , et lui fit verser un tor-

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