‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 254 sur 332 · CHAPITRE ;i · texte numérisé non relu

CHAPITRE ;i

«orange du retour sérieux de l'empereur grec 4 Funité catholique, et de la prochaine arrivée de ce prince à la cour pontificale. L'allégresse générale ne fut troublée que par la mort du grand cardinal Albornoz (24 août 1367). Trois moi» aprè, Urbain V faisait son entrée triomphale à Rome, où depuis soixante ans 'aucun Pape n'avait mis le pied. L'air retentissait des acclamations et des chants de joie. Le cortège pontifical n'avançait que lentement à travers les flots d'un peuple qui se pressait pour contempler les traits de son pasteur, si ardemment désiré et si longtemps attendu. Urbain V se rendit d'abord à l'église Saint- Pierre, où il vint prier sur le tombeau des Apôtres, et prit ensuite possession du palais du Vatican.

37. L'année suivante, Rome vit un spectacle non moins solennel , dans la présence de deux empereurs d'Orient et d'Occident. Charles IV avait voulu recevoir, des mains du Pape , la couronne impériale, dans l'église de Saint-Pierre. Jean Paléologue voulait renouveler, en présence du souverain Pontife, son serment de fidélité à l'Eglise romaine. Urbain V le reçut sur les degrés de Saint-Pierre ; l'empereur grec fit trois génuflexions devant lui et se prosterna pour lui baiser les pieds. Le Pape le releva , l'embrassa tendrement , le prit par la main et l'introduisit dans la basilique, au chant du Te Deum. Paléologue espô» rait obtenir de l'Occident des secours contre les Turcs : Urbain Y fît tous ses efforts pour organiser une nouvelle croisade en Eu** rope; maio le temps de ces expéditions était à jamais passée Charles V, en France, ne songeak qu'à relever son royaume de l'abaissement où il était réduit depuis la-, paix de Brétigny. Edouard III employait toutes ses forces à garder ses conquêtes. Charles IV, en Allemagne, était trop vieux pou* courir les hasards d'une expédition lointaine. D'ailleurs, ce prince n'était pas né pour la guerre. La réforme administrative et ecclésiastique de ses Etats le préoccupait exclusivement. Urbain V luimême ne jouit pas longtemps du calme et du repos qu'il espérait à Rome.

38. Le caractère factieux et remuant des Italiens n'avait pas tardé à se réveiller. Les séditions et les émeutes se succédaient dans les villes des Etats pontificaux. Le Pape regretta bientôt la

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tranquillité de son séjour d'Avignon. Les cardinaux profitèrent avec empressement de ces dispositions d'Urbain V, et. le supplièrent de retourner en France. Après quelques hésitations, le Pontife crut enfin devoir se rendre à leur désir. Cette nouvelle pénétra de douleur tous les vrais fidèles , qui voyaient ainsi recommencer l'exil de la Papauté. Il y avait alors à Rome une illustre Suédoise, dont les vertus ont été couronnées par l'Eglise, sous le nom de sainte Brigitte. Elevée dans l'austère climat delà Scandinavie , elle avait , dans sa piété même , quelque chose de rude qui ressemblait au ciel de sa patrie. L'indication seule de ses pénitences ferait frémir: on les croirait impossibles si l'on ne savait que l'amour divin élève la nature humaine au-dessus d'elle-même. Du reste, sainte Brigitte, si sévère pour sa personne, ne laissait voir dans tous ses rapports avec le monde, que modestie, douceur et charité. La piété s'était développée chez elle presque au sortir du berceau. A l'âge de sept ans, Dieu commença à l'honorer de ses communications. Ses faveurs devinrent plus fréquentes dans la suite. Dans une de ses visions, elle reçut l'ordre d'entreprendre le pèlerinage de Rome : son but était d'obtenir l'approbation pontificale, pour une congrégation religieuse qu'elle avait fondée. Quand le départ du Pape eut été annoncé, sainte Brigitte eut une nouvelle vision dans laquelle Dieu lui révéla l'avenir et lui ordonna d'en informer Urbain V. La sainte s'acquitta de sa mission. Elle prédit au Pape que s'il retournait en France, une mort prochaine l'attendait. Soi* qu'Urbain refusât de croire à l'authenticité de cette prophétie, soit qu'il eût l'intention d'en décliner la menace en revenant plus tard en Italie, sa résolution n'en fut pas ébranlée. Le 16 septembre 1370, les galères du roi de France le débarquèrent à Marseille, et le 24 il fit son entrée à Avignon , au milieu des transports d'une allégresse d'autant plus vive , qu'on n'espérait plus le revoir. Mais la terrible menace de sainte Brigitte ne tarda pas à s'accomplir. Dans la plénitude de sa force, de son activité et lorsqu'il promettait un long règne , ÎJrhain fut tout à coup saisi d'une maladie inconnue, dont les rapides progrès firem, pressentir sa fin prochaine. On dit qu'alors un vif regret d'avoir ramené le Saint-Siège en France s'empara de son â*a«.

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