‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 257 sur 332 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

SCHISME D'OCCIDENT ( 20 septembre 1378-4* novembre i4iî).

Papes légitimes siégeant à Rome. / Antipapes siégeant à Avignon -

URBAIN VI (9 avril 1378-15 oct. 1389). j ROBERT DE GENÈVE, dit CLÉMENT BONIFACE IX ( 3 novembre 1389-1" VII ( 20 septembre 1378-16 septem-

oetobre 1404). \ bre 1S94).

BÎNOCENT Vil (1\ octobre 1404-6 novembre 1406).

gRÉGOIRE XII (30 décembre 1406-abdique pour la paix de l'Eglise au concile de Pise (5 juin 1409).

ALEXANDRE V (26 juin 1409-3 mai 1410) [PIERRE DE LUNE dit BENOIT XIH JEAN XXIII (17 mail 410-abdique, pour (28 septembre 1 39 4-son obédience La paix de l'Eglise , au concile de 1 finit au concile de Constance , le 28 Constance (29 mai 1415). \ juillet 1417).

MARTIN V (11 novembre 1417) rétablit la paix dans l'Eglise et termine le 4jrand schisme d'Occident après trente-neuf ans de luttes.

SOMMAIRE

f £„ l^NTIFICAT D'URBAIN VI {9 avril 1&78-15 octobre 1389).

IL Considérations historiques sur le grand schisme d'Occident. — 2. Considérations théologiques sur ce schisme. — 3. Ligne de conduite adoptée par rapport à la classification des Papes légitimes et des antipapes. — 4. Election d'Urbain VI. Troubles dont elle fut le signal. — 5. Caractère du nouveau Pape. Scission entre Urbain VI et les cardinaux. Lettre de sainte Catherine de Sienne aux cardinaux. — 6. Election de l'antipape Clément VIL — 7. L'université d'Oxford prend parti contre celle de Paris en faveur du Pape légitime. — 8. Saint Pierre de Luxembourg, cardinal, évoque de Metz. — 9. Affaires de Naples. Charles de la Paix.— 10. Charles d'Anjou. Guerre de Charly de la Paix contre Urbain VI. Mort d'Urbain VI.

§ S. pontificat DE BONIFACE ix (3 novembre 1389-1" octobre 1404).

11. Election de Boniface IX. ~ 12. Ladislas, roi de Naples, s'allie avec lo Saint- Siège. — 13. Bajazet I". sultan des Turcs. Bataille de Nicopo^is. Bataille d'An« eyre. Bajazet Ier meurt prisonnier de Tamerlan. — 14. Saint Vincent Ferrier. — 15. Saint Jean Népomucène. — 16. Mort de l'antipape Clément VIL Les cardinaux d'Avignon lui donnent pour successeur Benoît XIII. — 17. Docteurs de l'Université de Paris. Pierre d'Ailly. Le chancelier Gerson. — 18. Benoit XIII est chassé d'Avignon. Mort de Boniface IX.

§ 8. pontificat d'innocent vu (17 octobre 1404-6 novembre 1406).

19. Election d'Innocent VII. — 20. Troubles de Rome apaisés par rinWveniiwi d* Ladislaa, roi de Naples. Mort d'Innocent VIL — 21. Sainte Colette.

chapitré m. 503

% 4. pontificat de Grégoire xn (30 décembre 1406-^st déposé au concile de

Pise, le 5 juin 1409).

8S. Lettre de Grégoire XII à l'antipape Benoît XIII. — 23. Grégoire XII refnso de se rendre à la conférence indiquée à Savon e. — 24. Concile de Pise. — » Î5. Légitimité du concile de Pise. De Auferibttitate papœ , par (ïerson - ■- S6. Déposition de Grégoire XII et de Benoît XIII par le concile de Pise

§ 5. pontificat d'alexandre v (26 juin 1409-3 mai 1410).

!7. Election d'Alexandre V. — 28. Division du monde catholique en trois obédiences. Mort d'Alexandre V.

§ 6. pontificat de jean xxui (17 mai 1410-abéique au concile de Constance, revient sur sa renonciation , et est définitivement déposé le 29 mai 1415).

£&. Election de Jean XXIII. — 30. Ladislas à Rome. — 31. Sigismond , empereur d'Allemagne. — 32. Concile de Constance. — 33. Jean XXIII sort da Constance. Il est. déposé et se soumet. — 34. Abdication de Grégoire XII. — 35 Déposition de Benoît XIII. — 36. Condamnation et exécution de Jean Haï et de Jérôme de Prague.

§ 1. Pontificat d'Urbain VD (9 avril 1578-15 octobre 1389).

i. Avec le règne d'Urbain VJ commence . pour l'Eglise , une lamentable époque, où la Papauté parut au monde comme larérée et presque détruite. La translation du Saint-Siège en France ne porto ses déplorables conséquences qu'après le retour des Pontifes à Ptorne. La grande majorité des cardinaux étaient Français (1); ils n'avaient quitté qu'avec peine leurs palais des rives du Rhône et de la Durance. Les séditions populaires, qui assaillirent le conclave, pendant l'élection d'Urbain VI, ne firent qu' accroître leurs regrets : ils voulaient retourner dans leur patrie. Ce fut là, quoique en aient dit les historiens malveillants, l'unique cause du vingt-deuxième schisme , que sa durée et ses funestes résultats ont fait appeler le grand schisme d'Occident. Consommé par l'élection anticanonique de Robert de Genève (Clément VII), il se perpétua sous l'influence de la politique française, qui avait intérêt à ramener les Papes à Avignon, et qui, d'ailleurs, dans sa lutte nationale avec l'Angleterre, devait nécessairement appuyer de son crédit le concurrent d'Urbain VI, reconnu par l'Angleterre, sa rivale. Les décisions de J'Univer*

(\) Le conclave qui élut Urbain VI se composait de seize cardinaux dont on** Français, .titojrc KaMmm c! un EsPa£noi*

504 urbain vi (1378-1389).

site de Paris, sur cette grave question, ont été souvent invoquées comme un argument formidable , par les adversaires des Papes légitin. j>. L'histoire, impartiale comme la vérité, doit dire que ces décisions ne pouvaient manquer d'être r à l'insu même de leurs auteurs, dictées par des influences étrangères et les antipathies nationales. L'appui que Charles V, ce sage et pieux monarque, ne cessa de prêter aux antipapes, avait nécessairement les mêmes causes. Aussi, sur son lit de mort, ce grand roi crut devoir, pour la tranquillité de sa conscience, protester qu'il se soumettait à la décision de l'Eglise, au sujet du schisme. Il ne se tenait donc pas complètement rassuré dans l'obédience du Pape d'Avignon 2. Au point de vue théologique, le grand schisme d'Occident, quelque désastreux qu'il ait pu être d'ailleurs, ne présentait, dans la pratique, aucun obstacle au développement des vertus et de la sainteté, qui constitue comme la vie intime de l'Eglise. De grands saints ont donné l'exemple de la plus haute perfection dans les deux obédiences. Si Ton se demande où sera le centre d'unité, d'autorité toujours visible, pendant que la chrétienté divisée présentera l'image de deux camps ennemis; nous répondrons que, par une providence toute spéciale, il sera dans la Pa pauté elle-même. Quelque troublées que fussent les intelligences par la double personnification du pouvoir spirituel, une idée générale et nette dominait tous les nuages : celle que la Papauté devait être une, comme l'homme-Dieu qu'elle représentait. Ainsi partagés sur le fait, les fidèles ne l'étaient point sur le droit : il y avait dans le schisme une question de personne et non une question de principe. H ne s'agissait pas de savoir si le siège de saint Pierre devait être à Rome ou à Avignon ; niais simplement si c'était Urbain VI ou Clément VII qui l'occupait. Des théologiens d'une grande autorité soutiennent même que cette funeste division ne doit pas être appelée proprement un schisme, d'abord parce que la multiplicité des obédiences ne détruisait pas le principe d'unité, attendu que toutes les Eglises reconnaissent également, comme article de foi, qu'il n'y a qu'une seule Eglise romaine et un seul souverain Pontife, successeur de saint Pierre, «pi était, à la vérité, pour chacune d'elles, le Pontife de son obédience, mais non plusieurs églises romaines et plusieurs Poa-

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