‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 258 sur 332 · chapitre m · texte numérisé non relu

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tifes romains. La multiplicité des obédiences ne scindait donc la société chrétienne que pour une question de forme , et non sur un point fondamental de dogme ou de droit. Lorsque le temps aura calmé les passions , lorsque les peuples , fatigués de luttes, aurom 3cuu ic ucaorn de revenir à une même pensée, ce sera encore aux pieds de la Papauté, restée souveraine et immuable, malgré le désordre des révolutions r qu'ils viendront abjurer leurs haines et retrouver les étreintes de la charité chrétienne. Jamais l'Eglise ne courut, en apparence, de périls plus évidents; et pourtant jamais elle ne fut plus réellement grande , surmontant, par la force de son institution, les désordres qu'enfantait le déchirement de son autorité ; réclamant contre les abus; appelant les réformes; faisant briller partout, comme un contrepoids aux scandales, les plus sublimes vertus; défendant la vérité contre les attaques de l'hérésie ; foudroyant WiclefF, Jean Hus, Jérôme de Prague et leurs adhérents; continuant à guider le monde dans le chemin de la justice et de la vérité. Jamais l'Eglise n'a été plus admirable que pendant cette formidable tempête, nommée le Grand Schisme; jamais elle n'a montré, d'une manière plus éclatante, la divinité du bras qui la soutient et la dirige. Si elle n'eût été qu'une institution humaine, elle aurait infailliblement succombé dans des conjonctures où les ressources du génie, les forces de l'intelligence, le concours de tous les docteurs, l'autorité de tous les princes, les efforts des saints eux-mêmes, étaient impuissants.

3. Les historiens qui ont eu à raconter cette époque orageuse se sont divisés sur la manière de fixer la succession légitime des souverains Pontifes, au milieu de tant et de si ardentes controverses. Il en est qui se refusent à donner la qualification d' 'antipapes, aux Pontifes qui siégèrent à Avignon (1). Pour nous, nous ne croyons pouvoir nous tromper en suivant, ici comme

(1) M. l'abbé Christophe, dont le travail nous a servi de guide depuis le pontificat de Clément V, est de ce nombre. Nous sommes forcé ici d'être d'une opinion différente de la sienne : nous donnerons les motifs de cette détermination à mesure que le récit des faits les amènera naturellement sous notre plumt. Cette divergence ne ncus empêche pas de rendre hommage à son talent ci au WiériU incontestable de son livre, auquel nous avons fait de larges emprunts.

506 urbain vi (1378-1389).

toujours , Fusage de l'Eglise romaine, qui a inscrit au catalogue des souverains Pontifes les noms de ceux qui ont siégé à Rome , pendant la durée du grand schisme ; et qui relègue , parmi les antipapes, les deux Pontifes d'Avignon. Nous ne savons pas être catholique à demi. D'ailleurs, une seule considération préliminaire suffira pour justiiier , en dehors du principe d'autorité , le parti que nous embrassons. Y avait -il , au moment de l'élection de Clément VII, à Fondi , par les cardinaux dissidents . un Pape déjà élu ? L'histoire à la main , cette question ne peut être résolue que par l'affirmative. En effet, depuis trois moi&: Orbain VI était reconnu, en qualité de Pape légitime, par toutes les Eglises du monde catholique. Les cardinaux qui procédaiem, à une nouvelle élection, avaient, pendant tout ce temps , donné les preuves les moins équivoques de leur soumission à ce Pape. Ils en avaient reçu des grâces, des faveurs, des dignités ; ils avaient eux-mêmes procédé à la cérémonie de son couronnement ; ils avaient euxmêmes notifié son élection à tous les princes delà chrétienté. Aucune protestation ne s'était produite de leur part. Il y avait donc bien réellement un Pape, quand ils élurent Clément VII, et ce pape était Urbain VI. Vainement vouai ait -on soutenir que l'élection n'avait pas été libre. Nous examinerons cette objection en racontant les faits. Mais la violence n'avait duré qu'un jour. Depuis trois mois les cardinaux étaient libres , et , pourtant , ils n'avaient pas protesté ; ils avaient juré fidélité à Urbain VI. Nous le répétons , il y avait un Pape , au moment du conclave de Fondi. Donc Clément VII, qui y fut proclamé, est un antipape. Ces faits nous semblent clairs et précis , dégagés que nous sommes des préjugés et des passions contemporaines. Ils le paraissaient moins alors ; et voilà pourquoi le schisme fut si terrible. Il était indispensable de poser ces bases fondamentales , comme préliminaire au récit des faits que nouC allons maintenant poursuivre.

4. A la mort de Grégoire XI , les seize cardinaux présents à Rome se réunirent en conclave , au palais du Vatican. La place Saint Pierre était inondée d'une multitude en armes, qui criait : « Nous voulons un Pape romain ! » L'inquiétude de la population était naturelle, en présence des dispositions bien connues de la plupart des cardinaux , qui prétendaient élire un Pape fran-

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