‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 263 sur 332 · CHAPITRE III. 51 S · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 51 S

capitale s'ensuivit;. Dans cette circonstance la justice l'emporta sur la miséricorde. Le Pape fut inflexible. Iî agit comme tous les souverains ont coutume de le faire en pareil cas. On a voulu en faire un crime à sa mémoire. Dans les conjonctures difficiles <dù il se trouvait, entouré d'embûches, circonvenu de tous côtés [par des traîtres, la clémence n'était peut-être pas de saison. Quoiqu'il en soit Charles de la Paix , poursuivant les hostilités, Vint l'assiéger dans sa retraite. Il répondait ainsi à une sentence d'excommunication et de déposition que le Pape venait de lancer contre lui. La forteresse résista pendant sept mois aux efforts de l'armée napolitaine. Après ce temps, Urbain VI fut délivré par une flotte génoise dont il avait sollicité le. secours. L'ingratitude de Charles de la Paix ne resta pas longtemps impunie. A la mort de Louis-le-Grand , roi de Hongrie , les nobles du royaume offrirent la couronne au roi de Naples*. L'espoir de réunir dans sa main deux Etats puissants séduisit l'ambition de Charles. Il accepta, partit pour ses nouveaux domaines, et fit son entrée à Bude au milieu de l'enthousiasme général. Sa hauteur et sa fierté soulevèrent bientôt contre lui les magnats hongrois. Un an s'était à peine écoulé quand Charles fut frappé par le fer d'un assassin. Comme il ne mourait pas assez vite au gré de ses ennemis , une potion empoisonnée acheva ce que le glaive avait commencé. Il dut alors se souvenir de la mort tragique de la reine Jeanne, qu'il avait ordonnée dans des circonstances identiques (1386). Louis d'Anjou profita de cette occasion pour faire revivre les prétentions de son père au trône de Naples. Clément VII le reçut à Avignon avec une pompe royale, et renouvela en sa faveur l'investiture des Etats napolitains. Le jeune prince, à la tête d'une armée formidable, passa en Italie, et réussit à se faire reconnaître roi de Naples, malgré les efforts de la reine Marguerite, veuve de Charles de la Paix, et de Ladislas, son fils. Urbain VI se préparait à chasser l'usurpateur lorsqu'il mourut à Tivoli, le 15 octobre 1389. Peu de Pontifes ont laissé une mémoire plus incriminée. On a dit <k lui peu de bien, beaucoup de mal. Les orages qui troublèrent son règne n'expliquent que trop cette animosité II y avait dans Urbain VI un rare amour de la justice , une pureté angélique de ascaurs, mie

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