‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 264 sur 332 · M 6 BONIFACE IX · texte numérisé non relu

M 6 BONIFACE IX

grande simplicité de vie, une horreur invincible pour la simonie, unp connaissance approfondie des scien tes ecclésiastiou^s. Mal* heureusement il eut , ce qui n'est que tr >p commun , les défauts de ses qualités. Sévère pour lui-même , il le fut trop pour les autres. L'austérité de ses mœurs effraya des prélats habitués au luxe , au faste et à la mollesse. Le grand schisme d'Occident fut leur protestation.

§ «. Pontifient de Bonifnce IX (5 novembre 1389-ler octobre 1404).

1 1 . Quand la nouvelle de la mort d'Urbain VI parvint à Avignon, un conseil extraordinaire fut assemblé dans le palais. On se hâta d'expédier un courrier au roi de France pour le prier d'interposer son autorité près des cardinaux romains, et d'empêcher une élection. C'eût été , en effet , le plus sur moyen de couper court au schisme. Tous les princes chrétiens en jugèrent ainsi. Mais , avant que leurs ambassadeurs fussent arrivés à Rome, un successeur était déjà donné à Urbain VI, dans la personne de Pietro Thomacelli , qui prit le nom de Boniface IX. La crainte de voir transférer le Saint-Siège à Avignon avait déterminé les cardinaux romains à cette mesure précipitée. Clément VII se hâta d'excommunier son rival , qui lui répondit par les mêmes censures. Boniface IX , en montant sur le trône pontifical , eut d'abord à lutter contre l'esprit séditieux du peuple romain qui croyait avoir trouvé , dans le schisme , une occasion favorable de ressaisir sa liberté et de constituer enfin la république imaginaire qu'il rêvait depuis tant de siècles. Mais Boniface IX fut secouru , d'une manière inespérée , par un royaume qui semblait, au premier coup d'oeil, devoir lui apporter bien plus de sollicitude que d'appui. Urbain VI , en mourant , avait laissé Louis d'Anjou affermi sur le trône de Naples. Le parti du jeune roi Ladislas semblait à jamais abattu. Boniface IX le releya ; ce pontife était Napolitain ; il connaissait mieux que personne le caractère, les habitudes, les mœurs de sa patrie; il savait que la domination française y était profondément impopulaire. Il avait des relations avec toutes les familles dévouées au parti vaincu. Il lit habilement jouer les ressort» de la politique-

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