CHAPITRE III
se 'fît accompagner 3e l'humble religieux (1). Clérp^iit VII voulue le fixer à sa cour 7 /nais Dieu appelait Vincent Ferrier ans missions db l'apostolat. Pendant quinze ans , il parcourut la Provence, l* Piémont, la Savoie, la Lombardie, l'Espagne, prêchant partout la doctrine de l'Evangile. Dieu renouvela pour lui le miracle de la Pentecôte. Quoique Vincent fît ses prédications en latin, il était entendu à la fois par des Grecs, des Allemands, des Anglais, des Hongrois, qui ne savaient pas d'autre langue, que la leur. Les conversions opérées par sa parole rappelaient les merveilles du siècle apostolique. On compte jusqu'à 25,000 Juifs convertis par son ministère.
15. Dans le même temps,. la capitale de la Bohême voyait un martyr à jamais illustre subir une mort glorieuse, plutôt que de violer le secret de la confession. Wenceslas, roi de Bohême , fils de l'empereur Charles IV, avait succédé (1376) à son père, sur le trône d'Allemagne, Wenceslas a reçu le double surnom d'ivrogne et de fainêant\ sa vie fut un tissu de débauches, de cruautés et de bassesses. Ce monstre couronné avait pour épouse Jeanne, fille d'Albert de Bavière , princesse accomplie , dont les vertus contrastaient avec les vices de l'indigne empereur. Les violences de son époux ne firent que l'affermir dans le chemin de la perfection. Elle avait choisi, pour diriger sa conscience, saint Jean Népomucène, chanoine de Prague, dont la renommée publiait des merveilles. Sous sa conduite, la pieuse impératrice faisait chaque jour des progrès dans la voie du salut. Mais, comme tout se change en poison pour un cœur corrompu, les
(i) On s'étonnera peut-être de voir saint Vincent Ferrier reconnaître l'obédience de l'antipape. J'Vjs avons déjà parlé de s;iint Pierre de Luxembourg qui fit de même Voici, a ce sujet, les paroles de saint Antonin, archevêque de Florence, auteur contemporain : « Pendant toute la durée du schisme, chaque obé- » dience comptait dans son sein des docteurs habiles , des personnages illustre! » par leur sainteté et même par le don des miracles. Mais dans le cas d'une
• double élection pontificale , il ne nous paraît pas qu'il soit nécessaire au salut » de croire que tel ou tel Pape en particulier soit le Pape légitime. Les peuple! » ne sont point obligés de savoir le droit canonique; ils ne peuvent donc être
• oblige d? savoir celui qui est élu canoniquement. 11 leur suffit, eu généra!, » d'être uisposés à ooêir au Parpe légitime , quel qu'il soit, et ils peuveut, sur et
• point, s'en rapporter au jugement de leurs évêques. »
520 boniface ix (1389-14041.
vertus 4e l'impératrice ne faisaient qu'aigrir le caractère féroce de Wenceslas. Depuis longtemps il l'avait abaï donnée ? V0VLT ^ livrer a ses criminels désordres. Cependant sa jalousie n'avait fait que croître, malgré ses dédains. Les actions les plus simples de la princesse donnaient matière à ses soupçons. Aveuglé par sa passion, il mande saint Jean Népomucène, et lui ordonne de lui révéler la confession de l'impératrice. Saisi d'horreur, le saint prêtre veut représenter au roi le crime de cette curiosité sacrilège. Wenceslas, furieux, fait étendre Népomucène sur un chevalet; des bourreaux lui appliquent sur le corps des torches ardentes. Le martyr supporte ? avec un courage he'roïque , ce traitement barbare. Au milieu du supplice, il ne prononçait d'autres paroles que les noms sacrés de Jésus et de Marie. On le retira demi-mort du chevalet, pour le jeter au fond d'un cachot. Cependant l'impératrice se jeta aux genoux de Wenceslas , et en obtint , par ses prières et ses larmes, l'élargissement du serviteur de Dieu. Sa liberté ne fut pas de longue durée. Peu de temps après, l'empereur le manda de nouveau en sa présence , et, lui dit brusquement : « Choisissez de mourir, ou de me révéler sur l'heure la » confession de l'impératrice. » A cette interpellation, Népomucène resta muet; mais son silence était assez éloquent. Wenceslas, ne gardant plus de mesure, s'écria, en s'adressant à ses gardes : « Jetez cet homme dans la rivière aussitôt que les x> ténèbres seront assez épaisses pour dérober au peuple la con- » naissance de l'exécution. » Saint Jean Népomucène employa le peu d'heures qui lui restaient à se préparer à son sacrifice. Pendant la nuit on le précipita, pieds et mains liés, dans les flots de la Muldaw qui baigne les murs de Prague (16 mai J383). Le lendemain une clarté céleste révéla aux fidèles le corps du martyr et le crime de l'empereur. Toute la population de Prague accourut sur le rivage pour vénérer ces restes précieux. L'indignation populaire éclata contre Wenceslas. En 1394 les seigneurs de Bohême s'emparent de sa personne, l'enferment dans une forteresse où ils le font garder comme une bête féroce. Il parvient à s'échapper et à remonter sur le trône, d'où une seconde révolution le précipite encore (1397). Comme si la fortune ne pouvait se lasser de lui prodiguer ses faveurs, il parvient à