‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 285 sur 332 · CHAPITRE FT · texte numérisé non relu

CHAPITRE FT

*achement à des doctrines hostiles à la Papauté se révéla par dea décrets où les idées gallicanes sont érigées en dogme de foi. Le concis de Constance avait déposé trois Papes ; cette mesure extrême était commandée par les circonstances et justifiée par la nécessite de rétablir la paix dans l'Eglise. Le concis de Bâle, «ans aucune nécessité, en pleine paix, s'arrogea le droit de déposer un Pape universellement reconnu ; il prétendit diriger lui seul le gouvernement, et l'administration proclama sa supériorité sur le Pape et créa un simulacre de pontife sous le nom duqitaî il voulait régner. En transportant cette doctrine et ces faits à ui$e assemblée purement politique, on trouve, pour le fond et pour 3a forme, une identité complète avec les Etats généraux de 1789. %i les prétentions du concile de Bâle avaient jamais obtenu for/:ô de loi , l'Eglise aurait cessé d'être une monarchie pour devenir une république fédérative ; la chaire de saint Pierre eût été remplacée par la tribune , et des discours auraient pris la place des décrets. Nous avions donc raison de dire que le pontificat d'Eugène IV fut une longue tempête, et que ses efforts > pour résiste? aux doctrines nouvelles, ont véritablement sauvé l'Eglise.

9. Le cardinal Gabriel Gondolmerio, neveu de Grégoire XIJ, fut élu Pape le 3 mars 1431 , et prit le nom d'Eugène IV. Deu> objets fixèrent d'abord son attention : la répression des Hussites et la continuation du concile de Constance. Depuis la mort de Jean Zisca, la Bohême , la Moravie , la Pologne étaient en feu. Une querelle, purement théologique à son début, puisqu'il s'agissait de revendiquer la communion sous les deux espèces? avait bientôt pris des proportions formidables. Il y a dans l'histoire des moments décisifs où tous les esprits, pour s'enflammer, lemblent n'attendre qu'une étincelle. Le xv' siècle était une de $es époques. En peu de temps une révolution sociale éclata dans toute l'Allemagne septentrionale. Les idées de réform&tion , jetées dans le monde pendant le schisme d'Occident , se trahissaient par des actes de vengeance. Sous prétexte de rétablir la discipline religieuse, on brûlait les monastères; sous prétexte de réformer les abus du pouvoir temporel , on s'empara de tons ies biens ecclésiastiques et civils, et on décréta la communauté. En lisant le récit qu'JEnéas Sylvius> légat du Pape à Pragiœ t nous

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a laissé de sa mission, on croirait assister aux scènes dont le socialisme moderne nous a fourni de récents exemDles. .* Ce fut » un spectacle curieux, dit-il, et bien nouveau pour nous, de » voir crj peuple mal vêtu, misérable, se donner mutuellement le » nom di ) frères , croyant rappeler, par cette sordidb commu- » nauté, les mœurs de la primitive Eglise. Ils prétendent que la p société doit fournir aux besoins de chacun de ses membres; » que les royautés et les supériorités , de quelque genre qu'elles » puissent être, sont des abus, puisqu'un roi à leurs yeux n'est » qu'un membre mutile destiné à profiter seul du travail de d tous les frères. » Si les Hussites se fussent bornés à exposer ces doctrines dans le fend de quelque monastère, ils eussent été considérés comme des utopistes plus ridicules que dangereux. Mais ils disposaient d'armées formidables. Trois fois l'empereur Sigismond avait vu se briser contre elles des armements qui avaient épuisé son trésor et ses Etats. Eugène IV fit prêcher, contre les révolutionnaires bohémiens, une troisième croisade, Il envoyait en même temps, en qualité de missionnaire et de légat, saint Jean de Capistran, dont les prédications et les efforts s'unirent à ceux d'^Enéas S^lvius pour ramener les sectaires à l'unité.

10. Mais on avait fondé des espérances plus sérieuses de succès sur la convocation dn concile général, que Martin V avait indiqué à Baie. Nous avons déjà laissé entrevoir que cette assemblée ne répondit point à ce que le monde catholique en attendait. Au, lieu d'être un concile œcuménique, elle ne fut qu'un lamentable conciliabule de douze années, pendant lesquelles on vit quelques prélats rebelles flatter les passions d'une foule d'ecclésiastiques du second ordre ; leur donner, au mépris des règles canoniques, voix déliberative dan-s les décisions; entreprendre de concert avec eux, iù. réformation de l'Eglise, proclamer que le gouvernement leur en appartenait; citer à leur tribunal le successeur légitime de saint Pierre , le déposer par un jugement sacrilège et consommer le schisme en créant un antipape. L'ouverture de cette assemblée séditieuse offrit un spectacle étrange. Le ô mars 1431, jour fixé par le décret de Martin V, il ne se trouva à Bâle qae le seul abbé de Yézelai. Il se rendit solennelle*

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