EUGÈNE IV
travaux terminèrent glorieusement le dix-septième concile œcuménique de Florence (6 avril 1442). H suffit de comparer sea actes âuçeux du conciliabule de Bàle, pour se déterminer sur leur valeur réciproque.
17. Cependant la paix, si laborieusement établie à Florence entre les deux Eglises, signée par l'empereur et les évêques, jurée par tant de prélats, ne fut point ratifiée par la population grecque. A son retour en Orient, Marc d'Ephèse devint, aul yeux des Orientaux , un héros et presque un martyr, parce qu* seul il avait protesté jusqu'au dernier instant contre la réunion, Métrophane, qui fut donné pour successeur au patriarche Joseph, sur le siège de Constantinople, et qui y porta le même esprit de soumission à l'Eglise , se vit en butte aux attaques des schismatiques et mourut de douleur (1443). Jean Paléologue était trop faible pour lutter contre l'opinion. Le siège de Constantinople demeura vacant pendant trois années. Enfin Grégoire Mélissène accepta ce poste difficile. Il combattit, lui aussi, pour l'union; mais l'empereur mourut en 1445. Jean VIII Paléologue le reraplaça, moins pour régner que pour assister aux funérailles de l'empire. Les Turcs viendront bientôt faire expier aux Grecs leur insubordination et leurs continuelles révoltes contre l'autorité du Saint-Siège. « Comment, dit Monseigneur Parisis, la paix » de Florence fut-elle troublée dès les premiers mois; et com- » ment, quatre ans après la tenue du concile, le schisme avait- » il repris le dessus, sur tous les points qui avaient fait l'objet > du décret d'union? Ce fut l'œuvre de l'esprit public, de l'esprit » des masses, esprit de division, fomenté par l'action des princes^ » par le silence et l'inaction des évêques. 'En vain l'empereur » voulut exercer sou pouvoir suprême, devant lequel tout avait » coutume de s'incliner; on l'accusa d'avoir trahi la religion et » déshonoré son trône. En vain les évêques en appelèrent à la 9 confiance de leurs ouailles; on les traita d'azymites, "d'apostats. » Des moines ignorants fanatisèrent les multitudes contre les » partisans de Rome, au point qu'en 1444, l'empereur voyant îa » plupart des évêques , signataires de l'union , entraînés par le » torrent au schisme , se trouva impuissant à exécuter le traité * qu'il avait signé à la face de l'univers. »