CHAPITRE V
nient qui pût en résulter , eût été que le Pape connût personnellement leur mérîJe. Ils auraient été renvoyés en connaissance de cause, aux différents postes dont ils auraient été jugés dignes. On pouvait /&* rapporter à Louis XI du soin de ne pas laisser passer à Ita&e tout l'argent de son royaume. Les pitoyables raisons du procureur-général n'étaient en réalité, que la protestation du Gallicanisme aux abois. Cependant l'Université de Paris secondait avec ardeur l'opposition du parlement. Le recteur se rendit officiellement auprès du légat et lui déclara qu'il en appelait au futur concile. Frappés d'un mouvement aussi énergique , les représentants de Rome n'osèrent aller plus loin ; l'affaire en resta là, pendant tout le règne de Louis XI.
4. Le cardmal de la Baîue , qui venait de signaler son zèle dans cette négociation difficile , ne conserva pas longtemps les bonnes grâces du soupçonneux monarque. La cause de sa disgrâce n'est pas bien connue. Sans entrer ici dans des recherches qui ne sont pas de notre sujet, nous croyons que le caractère assez connu de Louis XI suffit seul à l'expliquer. Quoi qu'il en soit , ce prince fit enfermer son ancien ministre dans une cage de fer, où il le retint pendant onze ans (1469-1480). En sa qualité de cardinal , la Balue ne pouvait être condamné que par un jugement pontifical. Paul II adressa dans ce sens les réclamation» les plus énergiques en faveur du malheureux prisonnier. Il députa en France cinq commissaires , chargés d'évoquer la procédure à leur tribunal et de prendre connaissance des faits. Mais Louis XI ne lâchait pas facilement la proie qu'il avait dans les mains. Il refusa de s'expliquer et maintint l'odieuse détention de son ancien favori. De son côté Paul II ne cessa de faire entendre les protestations les plus vives contre cet acte arbitraire. Sixte IV, son successeur, obtint enfin la liberté de la Balue, qui se retira à Rome , où les honneurs dont il fut comblé ]gg$ firent oublier les malheurs de sa dure captivité.
5. Paul II n'avait pas cessé de négocier auprès des princes chrétiens , pour les décider à une croisade, Jî croyait toucher en^ fin au terme de tant de vœux et d'espérances , lorsqu'il mourut subitement, le 26 iuillet 1471. Son administration avait été celle d'un pontife vigilant et ferme. Il signa une constitution qui dé*
590 sixte iv (1741-H84).
fendait aux légats , gouverneurs et juges des provinces, d'accepter pucun présent de quelque nature que ce fût. Ce décret avait pour but d'éteindre la vénalité, dont , jusque-li? , le gouvernement avait été entaché. Pour soulager les ppuoles et rendre sa domination moins lourde , Paul II voulut que la garde des forteresses et le gouvernement des villes , appartenant au Saint- Siège, fussent exclusivement confiés à des ecclésiastiques. Jamais les motifs humains ne déterminèrent son choix dans la collation des bénéfices. « Il ne faut, disait-il, distribuer les dignités ecclé- » siastiques, ni avec précipitation, ni par égard pour les prière» » et les recommandations des personnes influentes, mais seule- » ment, après une mûre et profonde délibération, dans laquelle » on a examiné les mérites personnels. » Paul II introduisit le premier, à Rome, l'art de l'imprimerie, découvert vingt-cinq ans auparavant par Guttemberg. « Son plus b^au titre de gloire, » dit Quirini, fut d'avoir doté la capitale du monde de la divine » typographie. »
9 ft. StaillflteM 4e Sixte IV (9 août 1471-13 août 1184).
6. Les suffrages du conclave se portèrent d'abord sur le cardinal Bessarion, l'un des plus illustres personnages de son tempi pour la science, la vertu et la grandeur d'âme. Mais il s'excusa lui-même sur ses quatre-vingts ans et détermina le choix de son ami François de la Rovère, cardinal de Saint-Pierre-aux- Liens, qui prit le nom de Sixte IV. La défense de l'Europe contre l'invasion Ox,«omane était la préoccupation constante de la Papauté. L'histoire dira, à la gloire des souverains Pontifes , que seuls, parmi tous les grinces chrétiens, ils ne perdirent jamais de vue cette mission sacrée et qu'ils se montrèrent toujours les vrais représentants du patriotisme et de la civisation. Animé du même esprit que ses prédécesseurs, le nouveau Pape donna ses premiers soins à former une ligue contre le?- Turcs. Pour y réussir, il songea d'abord à convoquer un coneiw â Rome, mais les princes chrétiens refusèrent d'y envoyer leu* s ambassadeurs ; il résuiut alors de négocier l'affaire par des légats. E choisit le cardinal d'Àquilée pour l'empire d'Allemagne, la Hongrie et