‹ Histoire générale de l'Eglise depuis le commencement de l'ère chrétienne jusqu'au pontificat de Pie IXChapitre 76 sur 332 · CHAPITRE rv · texte numérisé non relu

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27. Ainsi l'œil de saint Grégoire VIT, en se promenant sur le monde qu'il avait entrepris de réformer, pouvait y rencontrer des âmes, héroïques, dignes de comprendre ses enseignements et d'y répondre. L'école protestante a prétendu que la loi ecclésiastique du célibat des clercs avait été une innovation contraire aux traditions anciennes, imposée pour la première fois, au xie siècle, par le génie dominateur d'Hildebrand. Mgr Palina s'est chargé de réfuter cette erreur historique avec son éruption et sa logique ordinaires. « 11 n'y a rien de mieux démontré en histoire, dit-il , » que l'antiquité de l'obligation du célibat pour tous les clercs » engagés dans les ordres majeurs. Le Pape saint Siricius (385), » dans une lettre adressée a Himérius, évêque de Tarragone^ » s'exprime en ces termes : « Nous tous, prêtres et lévites, nous » sommes liés par une loi indissoluble ; et, du jour de notre » ordination, nous avons consacré nos corps et nos cœurs à la » chasteté. Ceux donc qui soutiennent que oV anciens privilèges » les dispensent de cette loi, par l'autorité du Siège apostolique, » nous les déclarons déchus de tout honneur ecclésiastique. Si, à » l'avenir, quelque évêque,. prêtre ou diacre, se rendait coupable » en cette matière, quil sache que toute voie lui serait fermée à » notre indulgence. Car il faut extirper avec le fer le mal re- » belle à tous les remèdes. Cette loi du célibat ecclésiastique, que » saint Siricius rappelle comme une tradition universellement » suivie dans l'Eglise, recevait une pareille sanction de la bouche 9 de saint Innocent 1er : L'obligation die célibat, dit-il à Exu- » père, évêque de Toulouse, est telle, d'après la discipline bien » connue des lois divines (divinarum legum manifr Ua. disciplina) » et les rescrits de Siricius d'heureuse mémoire, que les clerc* » incontinents doivent être exclus de tout honneur ecclésiastique, » et ne sauraient être admis à un ministère qui n'est réservé qu'à » la vertu àt, conscience.» Ces monuments de l'Eglise primitive, auxquels on pourrait joindre une chaîne de témoignages non moins précis et non moins formels, prouvent surabondamment la tradition apostolique de la Ici du célibat. Il appartenait au génie de saint Grégoire VII de se faire le héros -le cette glorieuse cause , de défendre, au péril de sa vie, l'intégrité immaculée de cette Eglise vierge, qui enfante, dans une chaste fécondité, des

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milliers d'âmes à Jésus-Christ. Le célibat du prêtre catholique tait sa force et sa gloire. Il répudie toutes les affections terrestreg |»ur épouser toutes les misères, toutes les souffrances, toutes les Soldeurs, et la grâce lui rend au centuple, pour le bien du monde, le privilège de la paternité des âmes. Saint Grégoire VII poursuivit le double fléau de l'incontinence des clercs et de la simonie, à travers le système féodal des investitures, derrière lequel elles se retranchaient. Il déploya, dans la réalisation de «on œuvre, une prudence, une habileté, une énergie, auxquelles ses ennemis eux-mêmes ont été forcés de rendre hommage. Il fut un de ces rares exemples donnés au monde pour lui montrer ja puissance de la vérité, quand elle est servie par une conviction profonde et une conscience inflexible. Malgré le déchaînement du protestantisme et la philosophie du dix-huitième siècle; malgré les récriminations d'une école théologique trop ouvertement partiale, il nous apparaît comme la plus grande figure historique qui ait présidé aux destinées du monde moderne : rien ne lui a manqué, ni le rayonnement de la gloire, ni le retentissement de grandes choses, ni les calomnies intéressées, ni l'éclat du malheur, cette épreuve solennelle de la vertu et du génie.

g t. Pontificat de Victor III (24 septembre 1086-16 septembre 1087).

28. Malgré le triomphe du roi Henri IV sur ses rivaux, malgré l'état déplorable où l'anarchie et la corruption avaient placé l'Eglise, les idées et les actes de saint Grégoire VIT avaient jeté de profondes racines. Après sa mort, un parti qui pouvait peu par l'influence du nombre, mais beaucoup par celle des lumières et des vertus, était constitué au milieu des seigneurs et du clergé. A la tête de ce parti se trouvaient naturellement les trois hommes que Grégoire, à ses derniers moments, avait désignés pour lui iuccéder. Le cardinal Didier, abbé du Mont-Cassin, était le seul alors en Italie; les deux autres se trouvaient absents. Othon, évêque d'Ostie, était en Allemagne en qualité de légat du Saint- Siège ; Hugues, archevêque de Lyon, vaquait dans son diocèse lux soins du ministère pastoral. Les vues des évêques et des feigneurs, restés fidèles à l'orthodoxie, se tournèrent donc ver»

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