BoMzo, Ad amicum, l. VII
4. Sur ces diverses réformes, voir Bonizo, Ad amicunij l. VU,
l'affranchissement de l'église
Il commença par l'Allemagne. Une ambassade pontificale, chargée d'assurer l'application des mesures votées à Rome, y arriva a.\xx fêtes de Pâques, le 20 avril 1074, et y trouva un accueil assez favorable de la part du jeune roi de Germanie, Henri IV, qui venait de traverser de rudes épreuves. Combattu par les Saxons et trahi par les grands de son royaume, il ne demandait pas mieux que de se rapprocher du pape : il promit tout ce qu'on lui demanda *. Mais le clergé allemand, en apprenant que les légats pontificaux voulaient tenir un concile réformateur, s'insurgea. Ce fut un toile général. Liemer, archevêque de Brome, se faisait remarquer entre tous par sa violence *. Quelques évêques courageux essayèrent alors, sur l'avis des légats, de réunir des synodes dans leurs provinces respectives ; mais ils y rencontrèrent les mêmes oppositions. Siegfried de Mayence convoqua ses suffragants et ses clercs à Erfurt, et donna six mois à ceux dont la conduite était irrégulière pour choisir entre leurs habitudes licencieuses et leurs fonctions sacrées ; mais le vacarme fut tel, que le prélat dut clore l'assemblée sans prendre de décision ferme ^. Altmann, évêque de Passau, en Bavière, fit preuve de plus de courage. En présence d'une semblable révolte, il passa outre, et promulgua les décrets pontificaux ; mais il n'échappa au massacre que par le dévouement de quelques seigneurs, qui l'arrachèrent aux mains de ses ennemis *. Grégoire s'adressa alors aux prmces séculiers. Il supplia Henri IV 5, Rodolphe de Souabe ^, Berthold de Carinthie '', de l'aider à réprimer le scandale. Mais il s'aperçut bientôt qu'il ne pouvait compter sur leurs secours ^. Devant les effrayantes difficultés de sa tâche, une immense tristesse, une sorte de découragement s'empara de lui. Il en fit part en ces termes à son ami Hugues, l'abbé de Cluny : « Si tu savais à combien de tribulations je suis en butte, tu demanderais au Seigneur que ce pauvre Jésus, par lequel cependant tout a été fait et qui régit toute chose, daignât me tendre la main et me délivrer, moi misérable, avec sa charité habituelle... Lorsque, par la pensée, je considère
La réforme en Allemagne.
Opposition
qu'elle y rencontre.
Sjnode
d 'Erfurt
(octobre 1074
ou 1076).
Courage de l'évêque de Passau.
Tristesse
de
Grégoire VU.
1. Jaff6, Monum. Gregor., p. ro6 et s. ; P. L., GXLVIII, 357. 3. Ibid., p. ï!xo ; P. L., CXLVIII, 383-383.
3. Lambert. Annales, ad ann. 1074, P. L., i. CXLVI, coi. 1168-1 169.