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8. Il écrit à la duchesse Béatrice qu'Henri IV est ambigua Jidg (Ja.ffé, 4y66).
La réforme en France.
Le légat Hugues de Die.
Encyclique du pape.
Concile de Paris (1074).
rOrient et l'Occident, le Midi et le Septentrion, c'est à peine si je vois quelques évêques qui gouvernent le peuple chrétien par amour du Christ et non par des motifs d'ambition personnelle. Quant aux princes chrétiens, je n'en connais pas qui préfèrent la gloire de Dieu à la leur et la justice au lucre. Si je rentre enfin en moi-même, je me sens tellement accablé par le poids de ma propre vie, qu'il ne me reste d'espoir de salut que dans la seule miséricorde du Christ ^ »
En France, où le roi Philippe I®'', infidèle au serment que lui avait fait prêter son père ^, « ajoutait au crime de l'investiture laïque celui de la simonie, sans parler de son immoralité notoire^ », le pape accrédita, comme légat du Saint-Siège et en vue de faire exécuter les lois répressives de la simonie et de l'incontinence, l'évêque Hugues de Die, prélat austère, et qui, dans un récent conflit avec le comte de Die, s'était montré capable d'énergie '^. Grégoire VII fit parvenir, en même temps, à Tépiscopat français une encyclique pour stimuler son zèle. « Par suite de l'aflaiblissement du pouvoir royal, lui disait-il, affaiblissement qui, dans votre patrie, date de quelques années, les lois et le gouvernement sont impuissants à empêcher ou à punir les injustices. Votre roi, qui devrait être le défenseur des lois et de l'équité, est le premier à les violer. Quant à vous, mes frères, vous êtes en faute en ne résistant pas aux actions détestables de cet homme... Ne parlons pas de crainte ; réunis et armés pour la justice, vous seriez assez forts pour le détourner de sa mauvaise voie et pour mettre vos âmes en sûreté. Y eût-il sujet de crainte ou de péril de mort, vous ne devriez pas abdiquer l'indépendance de votre sacerdoce ^. »
La dépendance du clergé de France à l'égard du roi était trop solidement établie pour que cette lettre obtînt tout l'effet désiré. Un concile réuni à Paris en 1074, pour opérer la réforme, y rencontra les mêmes oppositions violentes qui s'étaient produites à Erfurt et a Passau, Sûrs d'être appuyés par le roi, presque tous les évêques, abbés et clercs, mis en présence des ordonnances du pape touchant le célibat ecclésiastique, proclamèrent absurdes les ordres pontificaux, et déclarèrent qu'on ne pouvait ni ne devait s'y conformer^
I. jAFFé, Mon. Greg., p. i63 et s. ; P. L., t. OCLVIII, col. lioo. a. Voir plus haut, p. i6[.
3. A.. LucHAiRE, dans VHist. de France de La.vi3SB. t [ï, a« partie, p. 217.