I. fioifuo, Ad amicum, Vil, dans Iaffé, Mon. Greg., p
Il pratique audacieuse-
ment
l'investiture
laïque.
Guibert
de Ravenne
se rallie
au parti du roi.
Attentat
de Cencius
contre
Grégoire VII
(décembre
Le pape mande à Rome
le roi de Germanie
pour qu'il se justifie (janvier 107I5).
igo
Colère du roi.
Conciliabule
de Worms
{24 janvier
Le cardinal
Hugues
Candide.
Sa trahison.
étaient imputés. S'il ne comparaissait pas, Tanathème apostolique le séparerait, le jour même, du corps de l'Eglise *.
La colère d'Henri IV fut terrible. Pour devancer le pape, il convoqua, pour le dimanche de la Septuagésime, qui tombait cette année-là le ik janvier, un concile national à Worms. Presque tous les évêques allemands s'y rendirent. Le but, non dissimulé, de l'assemblée, était la déposition du pape Grégoire VIL L'affaire fut menée par le roi et par ses conseillers avec une rare vigueur. On connaissait Grégoire, nature simple, confiante, très susceptible de se laisser gagner par une déclaration hypocrite, mais une fois que la justice d'une cause s'était clairement manifestée à lui, capable de la défendre avec une indomptable énergie. Il fallait à tout prix enlever un vote à peu près unanime de déchéance contre lui. Rien ne fut négligé pour arriver à cette fin. Les prélats étaient à peine réunis dans leur salle de délibération, sous la présidence du roi, qu'on y vit entrer un cardinal de l'Église romaine. Il s'appelait Hugues Candide. C'était un homme de la race des grands traîtres. Des historiens ont comparé son rôle à celui de l'amiral de Coligny au temps des luttes religieuses duxvi* siècle, et à celui du cardinal Loménie deBrienne sous la Révolution. Né à Remiremont, au diocèse de Toul, nommé cardinal par le saint pape Léon IX, en même temps que Pierre Damien, à cause de ses remarquables qualités d'intelligence, on l'avait vu soutenir l'antipape Cadaloiis, puis se rallier à Grégoire VU et obtenir même de lui une mission de confiance en Espagne, se retourner tout à coup contre son bienfaiteur, poursuivre avec Robert Guiscard, duc des Normands, des négociations suspectes, finalement se rallier à la cause de Tébald de Milan et de Guibert de Ra venue. En 1076, il venait d'être déposé pour son inconduite. Avec une assurance qui en imposait, une abondance et une précision de détails mensongers, que son habitude de la curie romaine lui rendait faciles, il fit, devant l'assemblée, suivant la pittoresque expression de Hefele, « une sorte de mélodrame » sur les origines d'Hildebrand, ses prétendus écarts de jeunesse, ses crimes d'âge mûr, son usurpation du pontificat, son odieuse tyrannie, ses mœurs infâmes *. Dans une assemblée oii nombre de prélats avaient