Bowizo, Ad amicum, 1. VllI ; Mon, Greg., p
royaume à se réunir à Worms le i5 mai *. Mais tant de violences servaient mal la cause royale. Il était manifeste, pour tout esprit réfléchi, qu'Henri IV avait été le premier à vouloir se servir des deux glaives, spirituel et temporel. La mort subite de l'évêque d'Utrecht, qui expira dans les remords, frappa l'imagination populaire, qui y vit une punition de Dieu 2. L'acte du pape qui déliait les sujets du roi de leur serment de fidélité, fut un mot d'ordre respectueusement suivi par les croyants sincères; pour la plupart des autres ce fut un signal de révolte. Le monde féodal reposait surtout sur la religion du serment; c'était la barrière qui le séparait de la barbarie. La Saxe presque tout entière se souleva, et le nombre des évêques qui se rendirent à Worms fut tellement insuffisant, que le souverain fut obligé de renvoyer la solution du conflit à une autre assemblée, qui se réunirait à Mayence, le 29 juin de la même année.
L'assemblée de Mayence révéla surtout les anxiétés de conscience des évêques, qui consentirent bien à déclarer que l'excommunication du roi était nulle pour vice de forme, mais qui se refusèrent à nommer un successeur à Grégoire VII ^.
Cependant les ennemis d'Henri IV exploitaient à leur profit la sentence de déchéance prononcée contre lui Ses châteaux étaient pillés. La défection faisait la solitude autour de lui Grégoire V[[ saisit l'occasion de ramener, du même coup, la paix politique et la paix religieuse en Germanie. Il écrivit « à tous ses frères dans le Christ, évêques, abbés, prêtres, ducs, princes et chevaliers domiciliés dans l'empire romain », une lettre pressante, où il leur disait : « Nous vous supplions, comme des frères très chers de vous employer à susciter dans l'âme du roi Henri les senthnents d'une vraie pénitence, à l'arracher des mains du démon, afin que nous puissions le réintégrer dans le sein de notre commune Mère *. »
Ces instructions du pape arrivaient à propos. Presque toute la noblesse ecclésiastique et laïque, ayant à sa tête le duc Rodolphe de Souabe et le duc Welf de Bavière venait de décider de se réunir à Tribur le 16 octobre suivant, pour remédier à la situation, de plus en plus troublée, de l empire. Deux légats du pape, Sieghart