I. M. G., SS., VIII, 99 ; Mon. Greg
a. Tels sont les termes du traité. \ oit Grégoire Vil, Registrum, VII, 7, Mon. Greg., p. 426.
Il est arrêté
devant Rome
(mai-juin
Seconde
expédition
du loi
de Germanie
en Italie.
Il s'empare
de la cité léonine.
le 8 avril 1081, aux Inbitants de la Ycnétie, pour leur recommander de se garder de tout rapport avec les excommuniés ^.
Cependant Henri, après avoir ravagé les possessions de la comtesse Matliilde, et pris avec lui, k Ravenne, l'antipape Guiberl, s'avançait vers Rome. Il y arriva le samedi avant la Pentecôte, 21 ou 22 mai 1081, mais une déception l'y attendait. Confiant dans les succès précédents de son armée, sûr de ne rencontrer, sous les murs de la \'i]le éternelle, ni les troupes toscanes, battues dans la haute Italie, ni les troupes normandes, occupées en Orient, il comptait que les Romains s'empresseraient de lui ouvrir leurs portes, et n'avait apporté aucune machine de siège. Mais, sur le conseil du pape, la population de Rome se barricada, et Henri IV dut se retirer dès le mois de juin 1081. Pour donner une salisfartion à ses soldats, il les avait laissés ravager les environs de Rome ; et, pour ne pas faire mentir sa parole, il s'était fait sacrer empereur par Guibert, au milieu de son camp, avec toute la solennité possible *.
Un second mécompte attendait Henri lY en Allemagne. Ses adversaires y avaient élu un nouveau roi, le comte H^Tmann de Luxembouig, qui, le it août, battit larmée impériale, à HochslLidt, sur le Danube ; mais Hermann ne sut pas soutenir son succès, et son parti se désagrégea bientôt.
Henri se dirigea alors de nouveau vers Rome, toujours accompagné de l'antipape, lequel avait pris le nom de Clément HI. Cette fois-ci, tout fut mis en mouvement . des forces militaires considérables, qui lui permirent de semer les ravages et l'épouvante sur son passage, et des sommes d'argent, qui furent distribuées à trofusion aux Toscans, aux Normands, aux Romains eux-mêmes, pour les gagner à sa cause. Henri ne parvint cependant qu'à s'emparer, le 2 juin io83, de la cité Léonine, où il se fortifia, et de la basilique de Saint-Pierre, où il installa le pseudo-Clément 111. Grégoire VH resta en possession du Transtévère sur la rive droite, et de la ville proprement dite sur la rive gauche, ainsi que du château Saint-Ange.
D'hypocrites négociations de paix furent alors entreprises par Henri lY. La masse des Romains, gagnée par les largesses du roi, se ralliait à lui Grégoire, inébranlable renouvela, le 24 juin, la sentence d excommunication prononcée contre Henri.
î. Regii'.'urn Mil, 3f (tliaslX.S); Jaffé, n. Baio, 2. Be>zo, m. g., SS.. XI, 656, Mon. Greg., 677,
l'affranchissement de l'église 2o3
Celui-ci lui répoûdit [e 28. CQ faisaat iatrooiser l'antipape dans la L antipape
basiiiuue de Saint-Pierre, f.e 21 mars loS^i d'aboadauts subsides, .! ^}*^^\ ,
. , , . . , . , 6st intronisé
fournis par l empereur d'Orieat. permirent à Henri d'acheter des dans
Romains, qui lui ouvrirent les portes de Rome II y tint un synode la baM'ique
qui prononça la déposition de Grégoire, et fit sacrer Guibert au La- Saint-Piirre
t an. Puis ii poussa activement le siège du château Saint-A.nge, (^ojumioSSj. dernier refuge ou Grégoire résistait toujours. On arriva ainsi au mois do mai.
Tout à coup le bruit se répand que Robert Guiscard est aux portes Arri ée
de la ville, à la tête d'une armée formidable de Normands Henri ^ Robert
Ua.scarn
sent fléchir la fidélité des Romains qu'il a gagnés à prix d argent sois 'es murs
Ses propres troupes sont fatiguées par une longue campagne, déci- '^.^f liiées par la maladie. Il ne se sent pas de taille à résister, et quitte
Rome avec précipitation. Le pape est sauvé, mais la population ro- Retraite
maine expie cruellement la trahison dont elle s'est rendue cou- p^is iroMpes
^ ^ ^ ^ impériales.
pable. La ville est mise à sac par les Normands , des milliers de
Romains sont massacrés ; des milliers sont vendus comme esclaves ; PiiUge
tandis que Grégoire VIÏ adresse à l'Eglise universelle cet appel su- Rome
prême : « Pour l'amour de Dieu, vous tous qui êtes de vrais chré- les Normands.
tiens, venez au secours de votre père saint Pierre et de votre mère Touchant
la sainte Eglise, si vous voulez obtenir ^râce en ce monde et vie appel du pape
, " al Eglise
•éternelle dans l'autre *. » . universelle.
Jamais même au plus fort de la lutte contre le roi de Germanie, Les
Grégoire Vil n'avait oublié qu'il se devait à toutes les Eglises du sollicitudes
monde Nous avons parlé de son intervention en France et en An- univerfeUe. gleterre Les Etats Scandinaves, la Pologne, la Russie, la Hongrie, la Bohême l'Espagne, l'Afrique septentrionale, l'Arménie, et. d'une manière générale, les Eglises d'Orient, furent l'objet de ses sollicitudes pastorales.
Par plusieurs lettres affectueuses adressées au roi de Danemark, Saint
Svend Estnthson et à son fils Harald Hein, il demande l établisse- G r%. ire VII
j et
ment de rapports diplomatiques réguliers avec la nation danoise, les royaumes
et rappelle à ces souverains le rôle de la royauté, qui est de ptotéger ^^^'-d^m^es. I . JifPé, n. 5i7J. Cf. Bibl. de V Ecole des Chartes, i865, t. M, p. 56o.
ao4
Saint Grégoire ^ II et la Pologne.
Ses
interventions
en Russie,
en Hongrie,
en Bohême,
en Espagne
et eu Arménie.
Caractère
dominant
de ces
interventions
le zèle
apostolique.
la justice etde seconder l'œuvre de TEglise. « Un roi, dit-il, doit être le constant défenseur des veuves, des pauvres et des orphelins *. » Il supplie Olaf III, roi de Norvège, « d'envoyer à la cour apostolique quelques jeunes nobles de son pays, afin que, élevés avec soin dans les lois sacrées et divines, ils puissent ensuite les faire connaître dans leur pays ^. »
En Pologne, Boleslas II, dit le Cruel, après avoir proclamé Tin dépendance politique de son royaume à l'égard de la Germanie, ivait tué de sa propre main Tévêque de Gracovie, saint Stanislas. Grégoire VII l'excommunie pour ce crime. Puis il envoie des légats dans son royaume pour organiser les diocèses ^. En Russie, il prend les intérêts de Dmitri Isiaslaf, qui a promis fidélité au Saint- Siège *. En Hongrie, il intervient pour maintenir les droits de la papauté sur ce royaume, pour y apaiser les guerres civiles, et, plus tard, pour encourager le saint roi Ladislas 5. En Bohême, il entretient une correspondance affectueuse avec le duc Vratislas^. En Espagne, il maintient le respect du mariage, le célibat des prêtres, l'accord entre les chrétiens, rappelle les liens qui rattachent le royaume espagnol au Saint-Siège '^, exhorte le roi Alphonse de Castille à combattre les Sarrasins. Il détache de l'empire grec la Dalmatie et y envoie des légats. En Arménie, il veille au maintien de la pureté de la foi. Partout il lutte, il réprimande, il soutient, il négocie avec une indomptable énergie ; partout il poursuit le même but : rendre à l'Eglise la pureté de sa foi et de sa vie, en l'affranchissant de ce monde seigneurial qui l'enlace, l'asservit et la dégrade, en la rattachant à Rome qui donnera à sa hiérarchie la force et l'unité ; car, — « il faut le dire^ — Grégoire VII n'est pas seulement un soldat, un logicien, un politique ; c'est un apôtre. De son zèle apostolique pour l'Eglise du Christ, la justice et la paix, ses lettres apportent maint témoignage, soit qu'il encourage ou consulte ses
1. S. Grécoirb Vil, Registrum^ II, 5i, 76 ; V, 10 ; VII, 5, d^ns Mon. Greg., pp. 167, 199, 398, 384.