‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 126 sur 336 · îbid., 36o · texte numérisé non relu

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5. L. Bréhier, Ëg,^e et OrieM aa nojex ije, la \ol. 'an, a* édition, Paris, 1907, p 5.-5î.

en Orient, mais en Sicile et en Espagne, il veut constituer une force capable de sauver la chrétienté, et il voit dans la réunion des Eglises dissidentes la condition nécessaire à une entente générale de to«tes les puissances chrétiennes ^ . »

Malheureusementdeux faits empêchèrent Grégoire VII de réaliser Causes

- , . . , 1 • 1 • ^^^ empêchent

sa grande idée. La guerre contre les investitures laïques ne lui laissa \ réalisation pas le temps nécessaire pour organiser une pareille entreprise ; et les de ce plan, empereurs qui succédèrent à Michel VII, Nicéphore Botaniatès et Alexis Comnène, se montrèrent hostiles à la réunion des Eglises. Un projet semble avoir, un moment, traversé l'esprit de Grégoire : lâcher la bride à l'ambition de Robert Guiscard, qui rêvait de ceindre la couronne d'empereur d'Orient, et compter sur les Normands pour réaliser, sous la direction de la papauté, la double entreprise : l'expulsion des Turcs de l'Asie occidentale et l'union des Eglises chrétiennes. Mais les Normands avaient donné trop de preuves d'inconstance, d'égoïsme et de duplicité, pour qu'on pût faire fond sur eux désormais.

Après avoir chassé de Rome l'empereur et l'antipape, on les avait vus se livrer d'abord au brigandage le plus eflréné. Ils avaient ensuite tenté un assaut contre Tivoli, où s'était réfugié le prétendu Clément III ; mais l'attaque avait échoué contre les fortes murailles de la ville. Alors, gorgé de butin, Guiscard, plutôt que d'entreprendre un siège en règle, avait jugé plus à propos de se retirer au sud de l'Italie avec ses troupes.

Rester à Rome dans ces conditions, alors que l'antipape était à 'vfai défendu i Tivoli et qu'Henri IV n'avait pas encore quitté la péninsule, parut i^g Normands. imprudent k Grégoire VII. Il se décida à suivre dans l'Italie méri- Grégoire dionale son terrible protecteur, se promettant de revenir dans sa ^ ^d!n^'^ Romebien-aimée en des temps meilleurs. Mais la mort seule devait la basselialie, mettre fin à son exil. ^ Saleme.

En septembre io84, Guiscard quitta de nouveau l'Italie, pour reprendre une fois de plus sa chimérique entreprise : la conquête de Constantinople. Vainqueur, il reviendrait, disait-il, la couronne impériale au front, donner à l'Eglise l'appui de son bras puissant. Il remporta, il est vrai, plusieurs victoires ; mais l'or byzantin, largement distribué à ses barons, en détacha plusieurs de sa cause. La désorganisation se mit dans soh armée, qui dut regagner l'Italie. Une

I. L. Bréhisr. l'EjlUe et COrtent au moyen âge, loc. cit. p. 53.

Mort

de saiut

Grégoire Vil

(aô mai io85).

Appréciation*

diverses des historiens

sur le pontificat

de saint Grégoire VU.

seconde expédition, entreprise et' menée avec une rare ténacité, fut d'abord marquée par des victoires brillantes, mais fut interrompue, le 17 juillet io85, par la mort de l'intrépide chef normand. Quand les débris de ses troupes rentrèrent en désordre dans la basse Italie, le pape Grégoire VII n'était plus de ce monde. Le 26 mai io85, il mourut à Salerne, où il s'était réfugié, frappé d'un mal dont il s'était senti atteint dès le début de cette année, et n'aspirant plus, depuis lors, qu'à la possession de l'éternelle Justice, dont il espérait être rassasié là-haut, après en avoir eu faim et soif sur la terre. Au moment où il allait rendre le dernier soupir, on l'entendit prononcer ces mots : <r J'ai aimé la justice et haï l'iniquité ; c'est pourquoi je meurs en exil. » Un évêque présent ne put s'empêcher alors de lui répondre : « Seigneur, un pape ne peut mourir en exil, car il a reçu de Dieu toutes les nations en héritage. » Il expira après avoir accordé l'absolution à tous ceux qu'il avait excommuniés, à l'exception de l'empereur Heori IV et de l'antipape Guibert*.

Les historiens qui ne professent pas la foi catholique ont émis sur Grégoire VII des opinions contradictoires. Pour les uns, il a été le théocrate absolu, subordonnant tout à son ambition de domination universelle ^ ; d'autres se sont plu à saluer en lui un grand « ancêtre de la Révolution française » ^, s'appuyant sur les peuples pour briser le despotisme des rois. Les catholiques eux-mêmes n'ont pas toujours été d'accord dans leurs appréciations sur ce grand pape. Quelques-uns-, dominés par l'esprit gallican et janséniste, lui ont reproché d'avoir empiété sur la puissance légitime des souverains *. Il semble que, de part et d'autre, on ait eu tort de faire de Grégoire VII un théoricien ^. Il fut avant tout un homme de devoir,

I, Paul Berxried, VUa Gregorii Vil, dans Wa.ttertch, t. I, p. 34o. a. G. MoNOD, Rei.ne crUique, 1873, 2* partie, p. 176.

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