Cha.landoî*, lac. cit
l'affranchissement de l église 221
Urbain le projet d*uQe alliance destinée à resserrer les liens qui unissaient les champions du Saint-Siège. Il proposait d'unir, par un mariaere, son jeune fils Guelfe Va la comtesse Malhilde. La dispro- Mariage
" "^ . ... !• I • I de la comtesse
portion d'âge entre le prince, qui n avait que dix-huit ans, et la avec Guelfe V
veuve de Gottfried, qui avait dépassé la quarantaine, était le seul ^^ Bavière obstacle à l'union projetée. Le pape, qui connaissait l'élévation et la pureté de sentiments de la comtesse, lui conseilla de consentir à ce mariage, qui devait rester purement nominal, mais qui, au point de vue de l'organisation des forces catholiques, offrait l'immense avantage de confédérer la Bavière et la Toscane, c'est-à-dire l'Allemagne du Sud etritalie du Nord. On opposerait ainsi aux empiétements des souverains allemands un boulevard presque invincible. Le pape pressentait peut-être déjà le grand rôle que le parti des Guelfes devait jouer dans l'histoire en faveur de la papauté ^ Le mariage projeté eut lieu. Hâtons-nous de dire que cette première intervention des Guelfes dans la politique pontificale n'obtint pas les heureux résultats qu'on en avait espérés. Le jeune Guelfe V, lorsqu'il s'aperçut que Résultats la comtesse avait, par un testament daté de 1077, disposé de ses Je cette unioa. biens en faveur de l'Eglise romaine, et qu'il n'obtenait pas ainsi les avantages matériels qu'il avait convoités dans cette union, abandonna son épouse. Quant au roi Henri, ce mariage l'exaspéra ; et le pape Urbain se retrouva, dépourvu des secours sur lesquels il avait compté, en présence d'adversaires plus irrités que jamais.
Au moment du mariage de la comtesse Mathllde avec le duc de Bavière, en 1089, l'antipape Guibert avait été expulsé de Rome 2, et le roi Henri lui-même, découragé, avait été sur le point d'abandonner la cause de son protégé 3 ? Mais le parti du schisme lui fit Nouvelle abandonner son projet. Au printemps de 1090, s'étant attaché par •"^^''^entioa des faveurs la maison ducale de Garinthie et d'Istrie *, il envahissait de l'emperear
ritalie, ravageait les Etats de Mathilde, mettait le siège devant Man- ea fi^eur toue, s'en emparait par trahison, rétablissait Guibert dans Rome 5, ^(1090).^^