Recueil des historiens de la France, t. XIV, p
2. Ruix^RT, Vita Urbani II, n. i38, P. L., t. GLl, col. Ii5rii6.
3. Voir Métms, Urbain II et Geoffroy hr, un vol. in-80, Blois, 1882 ; L. Gompain, Etudes sur Geoffroy de Vendôme, dans la Bihl. de V Ecole des Hautes Etudes, 1891, t. LKX.X.VI.
4. Le poids de marc, pour peser l'or et l'argent, venait d'être introduit en France par Philippe [cr. Le marc fut évalué à la moitié de la livre, et se divisa en huit onces, ou soixante quatre gros, cent quatre-vingt-douze deniers, trois cents mailles, quatre mille six cent huit grains. (Ghbrubl, Dict. des instit. de la France ^ au mol marc.)
L AFFRANCHISSEMENT DE L EGLISE
cinq cents victimes succombèrent dans l'espace de trois mois. D'après les chroniques, dans un seul bourg, il périt onze cents hommes en six semaines, et, dans un autre, quarante hommes en un jour. « Cette calamité corporelle, dit l'historien d'Urbain II, fut la source d'an grand bien pour les âmes. Ceux qui étaient atteints voyaient la mort de trop près pour ne pas s'y préparer sérieusement. Quant aux survivants, ils étaient tellement frappés du spectacle de ce fléau, qui les laissait seuls debout au milieu de tant de victimes, que d'euxmêmes ils renonçaient entièrement au péché. Les conversions abondèrent. La plupart des schismatiques revinrent de leurs égarements. Urbain II avait donné, particulièrement aux chanoines de Marbach, qui venaient d'être fondés par Manégold de Lauterbach, là faculté de recevoir les égarés dans la communion de l'Eglise. On arrivait en foule à Marbach pour se faire absoudre. Alors un soufHe nouveau de vie chrétienne passa sur ces contrées assoupies ou perverties, les abbayes se multiplièrent, et les clercs indignes, dont on repoussait le ministère sacrilège, furent plus que jamais mis au ban de la société *. »
La période d'apaisement qui s'était ouverte en l'an 1094, permit au pape de s'occuper plus activement de la réforme de l'Eglise dans les diverses nations. Il n'en avait jamais été détourné par les graves sollicitudes qui lui étaient venues du côté de l'Allemagne. La France, l'Angleterre, TEspagne, la Sicile, avaient été l'objet d'une grande part de ses préoccupations.
Il était naturel qu'une grande partie de la tendresse d'Urbain II se portât sur la fille aînée de l'Eghse, qui était en même temps sa mère patrie. Or le roi de France, Philippe P^ affligeait son cœur par un double scandale. Non content de combattre la réforme ecclésiastique dans son gouvernement, il donnait l'exemple de l'inconduite dans sa vie privée. Nous avons déjà vu Philippe I", soutenu par une partie de l'épiscopat français, essayer de repousser la réforme que prêchait et imposait Grégoire VII. Son opposition s'accentua sous Urbain II. « Le roi de France, dit un historien, trouvait trop d'avantages à