‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 144 sur 336 · Eadmer, Vita S. Anselmi, 1. II · texte numérisé non relu

Eadmer, Vita S. Anselmi, 1. II

2. Id., Hist. nov , I. II ; Guillaume de Malmesbury, De gest. pont, angl,,

L AFFRANCHISSEMENT DE L EGLISE

Depuis que l'invasion mulsumane avait refoulé dans les montagnes septentrionales de l'Espagne Les chrétiens fidèles *, les chefs énergiques de ce petit groupe n'avaient cessé d'en étendre les possessions et de couvrir de châteaux-forts leurs conquêtes. De là le nom de Castille, donné au premier ^des Etats qu'ils fondèrent. La ruine des Omméiades, en io3i, ouvrit aux efforts des chrétiens un champ d'action plus vaste : à côté du royaume de Castille, apparurent les chrétiens de Navarre et d'Aragon. L'offensive contre les infidèles prit dès lors un élan nouveau. Elle fit un pas de géant sous Alphonse VI, roi de Castille et de Léon, par la prise de Tolède, en io85. « Cette conquête lui donnait un établissement solide au centre de la vallée du Tage. L'ancienne capitale des rois goths, si bien défendue par la force de sa situation, allait devenir le boulevard de l'Espagne du nord, en avant du formidable rempart du Cuadarrama. Derrière ce double retranchement, Castillans et Léonais, qui s'étaient contentés jusquelà de chasser les musulmans et de détruire les villes, purent songer à les repeupler. La prise de Tolède marqua le début de l'œuvre de colonisation du xu' et du xiii' siècle ^. »

Elle ouvrit aussi l'ère de la réorganisation des Eglises espagnoles. L'invasion arabe avait amené la destruction d'un grand nombre d'édifices religieux. Pourtant, en maints endroits, des traités avaient assuré la conservation des temples tant que les impôts convenus seraient payés. A Tolède, les églises avaient été laissées aux chrétiens, sauf la cathédrale, convertie en mosquée. Plusieurs évêques, celui de Tolède entre autres, jugeant intenable la situation que leur faisaient les envahisseurs, s'étaient enfuis dans les montagnes, où leurs successeurs avaient conservé les titres des évêchés tombés aux mains des infidèles. Après la prise de Tolède, le roi Alphonse \T songea à rétablir la métropole de ce titre avec tousses anciens privilèges ; mais les circonstances ne permettaient plus de faire proclamer et reconnaître cette primatie, suivant l'ancienne coutume, par le clergé et par le roi ; plusieurs des évêques suffragants étaient encore soumis au joug des Arabes ; les autres se trouvaient répartis entre différents Etats chrétiens. On s'adressa donc à Rome, au pape Urbain II, qui promulgua, le i5 octobre 1088, une bulle dans laquelle, pour la première fois, le Saint-Siège proclama formellement les droits de la

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