‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 146 sur 336 · Delarg, Saint Grégoire V7/, t. II, p · texte numérisé non relu

Delarg, Saint Grégoire V7/, t. II, p

l'affranchissement de l'église 287

ter en détail cette campagne K Mentionnons seulement la grande victoire de Gerami, remportée par Roger en io63, à la suite de laquelle le pape envoya aux Normands un drapeau bénit, « afin que sous la protection de saint Pierre ils marchassent sans crainte contre les Sarrasins» *; l'occupation de Gatane et de Palerme, en 1072; la prise do Trapani en 1077 ; la capitulation de Girgenti en 1086 ; la chute de Noto en 1091.

Mais la reprise de la Sicile au nom de la chrétienté ne devait être que le préliminaire de l'organisation des Eglises. « Roger, dit le chroniqueur Malaterra, poursuivait un double but : l'un spirituel, l'autre temporel. Il désirait ramener au culte du vrai Dieu une terre possédée par les idolâtres, et il songeait à s'emparer des biens des infidèles, sauf à les utiliser ensuite pour le culte divin 3. » Dans l'accomplissement de sa mission spirituelle, Roger ne fit rien sans les conseils minutieux et continus du pape. C'est sous la direction du Saint-Siège qu'on le vit installer à Messine, Agrlgente, Mazzara, Gatane et Syracuse, des évêques choi-^is, dont plusieurs étaient moines normands. Il construisit ou restaura plusieurs abbayes, dont la plus célèbre fut ceile de Saint-Barthélémy, dans l'île Lipari Un genre de fondations que le pape encouragea Roger à entreprendre en Sicile, fut celles d'abbés-évêques et de monastères-évêchés. Urbain II décida que, dans telles et telles localités, par exemple à Gatane, celui-là même qui serait élu par les moines aurait autorité sur le peuple comme évêque ; le même chef gouvernerait tout à la fois les religieux d'après les institutions monastiques, et le clergé et le peuple d'après les lois canoniques *. Getto inorganisation, sagement poursuivie, donna des fruits excellents. Uade ses résultats les plus intéressants fut la substitution du rite latin au rite grec, parmi les populations grecques de l'Italie méridionale, et, par là, le rattachement k l'Eglise romaine de ces populations qui suivaient les traditions disciplinaires de Gonstantinople ^.

Pour confirmer ces importantes réformes, Urbain II confia à l'évêque de Troïna, Robert, les fonctions de légat pontifical en

RéorganÎM-

tion

(les Eglises

de Sicile.

Caractère»

particulier»

de cette réorganisation.

10 Plusieurs

Eglises ?ont confiée»

à des moines.

20 Le rite latin

est substitué

au rite grec

[)armi

les populations

grecques

de Vile.

I. Voir F. Ghalardoîi, His!. de la domination normande en Italie, t. I, p. iSo-aii, 337-354.

a. Mala-terra, Hist. S/cu/a, II, 33, P. L., t. GXLIX, col. ii^a.

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