Ibid., p. 6o
Hist. gén. de l'Eglise. — IV
vSon arrivée k Gonstanti-
nople
(aS décembre
La deuxième
armée,
conduite
par Hugues
de \ ermandois.
Son itinéraire
Son arrivée à Constanti-
nople (mars 1097).
La troisième
armée,
commandée
par Bohémond
et Tancrède.
arriva sous les murs de Constanlinople. Elle allait former le noyau le plus solide des forces chrétiennes. Aucune des au1;r69 armées, en effet, ne devait parvenir à la capitale de l'empire byzantin avec u« effectif aussi intact et sous un chef aussi habile.
La seconde armée, recrutée dans le domaine royal et dans le» fiefs environnants, renfermait, au point de vue de la valeur guerrière, des éléments de premier ordre. Mais son chef principal, Hugues, comte de Vermandois, frère du roi de France, était un esprit léger et brouillon ; aucun des seigneurs qui le secondaient, ni Robert Courtelieuse, le plus courageux de tous, ni Etienne de Blois, le plus lettré, n'avaient le courage persévérant et souple qui eût été nécessaire pour mener à bonne fin la rude campagne. On avait décidé de prendre, pour une partie du trajet, la voie de mer : de traverser le» Alpes, de s'embarquer dans les ports d'Apulie, de passer ensuite par l'Epire, la Macédoine et la Thrace. Mais Hugues de Vermandois, fait prisonnier dès son débarquement à Dyrrachium, fut aussitôt conduit sou5 bonne escorte à Gonstantinople ; les troupes de Robert Courte- Heuse et d'Etienne de Blois, poursuivies en Italie par les partisans de Guibert *, arrivèrent épuisées en Apulie, d'oii de nombreux soldats, découragés, s'en retournèrent dans leur pays* ; un navire chargé de quatre cents croisés fit naufrage près de Briodisi ; d'aulxes se noyèrent en traversant un fleuve ^, Quand le reste de l'armée arriva à Gonstantinople, au mois de mars 1097 ^ il ne se composait que de débris.
La troisième armée, qui suivit à peu près le même trajet, comptait les soldats les plus aguerris, les plus accoutumés à ces parages. Elle se composait de dix mille chevaliers et de vingt mille piétons normands, dont la plupart avaient bataillé sans relâche dans l'Italie méridionale, dont un bon nombre avaient pousié leur* incursions jusque dans l'empire byzantin. Mais le souvenir des déprédations qu'ils avaient naguère commises à leur passage, leur rendait les populations hostiles. Leurs chefs, Bohémond et Tancrède, « demi- Normands, demi-Siciliens, apparaissaient avec les qualités et les défauts de leur double origine : rusés, querelleurs, ne songeant qu'à eux et d'une avidité sans scrupules, au demeurant excellents soldats, Bohémond surtout, « le guerrier à la haute taille, à la peau blanche.
I. FoucHER DE Chartres, dans Hi&t. des crois., Flist. occid., t. III, p. Sag.