I. Raget, flist. de saint Anselme, t. I, p. ii
a. J. Bainvel, au mot Anselme, àAits le Dict. de théol. de Vacakt, t. I, col. i343.
L*AFFRANCIIISSEMEΫT DE l'ÉGLISE
désirerais ne jamais faire intervenir les questions de dialectique dans l'exposition de» vérités révélées '. » Anselme n'a pas ces appréhensions. Il ne confond pas la foi et la raison, il ne les met pas sur Je même pied, mai» il ne les sépare jamais. Il tient pour acquises les données de la foi, et il les donne pour telles à ses élè\es, mais il n'expose pas une seule de ces vérités à ses jeunes étudiants sans leur dire : a Vous croyez celte vérité ; mai» savez-vous pourquoi vous la croyez ? En comprenez- vous le sens, le rapport avec les autres, vérités naturelles ou surnaturelles ? Nous avons interrogé la révélation ; interrogeons maintenant la raison ^. » Et il va, quoi qu'on puisse lui dire, jusqu'au bout de sa raison, ayant dans la puissance de la dialectique et de la métaphysique une confiance immense 3. « C'est la méthode scolastique en ce qu'elle a d'essentiel. C'estdonc avec raison qu'il a été appelé le « Père de la scolastique t), et que l'Eglise le présente comme « ayant servi de règle à tous les théologiens qui ont traité le dogme suivant la méthode de l'Ecole ^ »^ Saint Anselme mérite d'autant plus ce titre de « Père de la scolastique », qu'il en résume tous les aspects, que tous les courants de l'Ecole peuvent se reconnaître en lui ^. Si, comme saint Thomai, il accorde beaucoup à la spéculation intellectuelle ; comme saint Bonaventure, il s'abandonne volontiers à l'amour ; et bien souvent, dans Tétude d'un dogme, le raisonnement, après avoir épuisé toutes ses ressources, se transforme en affectueuse contemplation. « Seigneur, s'écrie-t-il dans une de ses Méditations philosophiques, fais que je sente par l'amour ce que je viens d'entendre par la raison ^ ! ».
Les principales œuvres de saint Anselme sont : le Monologium^ étude philosophique sur Dieu, dont on a dit que « ni les Pères ni saint Augustin n'ont rien de si puissamment raisonné sur l'essence divine, et qu'il ne semble pas que, depuis son apparition, on ait rien fait de comparable comme précis de théodicée » "^ ; le Prologiuniy où se trouve le fameux argument ontologique invoqué pour
Il prélude à la lois à
saint Thomtt
d'Aquin
et à saint
Bonaventure.
Ses
principales
œuvres :
Le
Monologium.
I. Lanpranc, Liber de corp. et sang. Domîni^ cap. tn, a. S. Anselme, Cur Deus homo, cap. i, 11, xi.