‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 16 sur 336 · DuGHEs^E, les Premiers Temps..., ip · texte numérisé non relu

DuGHEs^E, les Premiers Temps..., ip

2. GiESEBRECHT, cité par Gh. Ba.ïet dans Y Hist. gén, de La.visse et Rambaud, t. Il, p. 548.

LE PROTECTORAT I^ÏTERIAL 87

et Térence, des poèmes et des draines sur les légendes des saints *. Mais le plus grand titre à la reconnaissance du monde savant que se soit acquis OUon le Grand, c'est d'avoir deviné, encouragé et protégé le jeune moine qui devait être l'illustre Gerberl. le grand pape Sylvestre II.

Ce fut aussi un savant que ce frère puîné d Otton. Brunon archevêque de Cologne, qui nous a laissé des Vies de saints et un Commeniaire sur les évangéiistes et sur les livres de Mo'ise *. Mais ce fut surtout un saint. « En lui, dit son premier biographe, se trouvèrent réunies des qualités trop souvent inconciliables : la splendeur du rang et des dignités, la plénitude de la science, avec une humilité de cœur et une douceur de caractère telles qu'on n'en vit jamais de plus profondes ^. » Saint Brunon était le digne fils de l'admirable reine mère, sainte Mathilde, qui, pendant que l'empereur parcourait en armes la Hongrie, l'Italie et les pays du Nord, allait de ville en ville, de hameau en hameau, apaisant les discordes, réparant les injustices et semant les aumônes à pleines mains *. Fils d'une sainte et frère d'un saint, Otton avait eu également le bonheur d'épouser une sainte. L'Allemagne et l'Italie durent à l'impératrice Adélaïde de nombreuses fondations, d'innombrables actes de bienfaisance.

La plus admirable de ses œuvres fut, sans doute, l'acte d'abnégation par lequel, lors de la chute de la maison de Bérenger, elle prit à sa cour les deux filies de son ennemi pour leur servir de mère.

Si répréhensibles que fussent certains actes politiques d'Otton le Grand, de telles influences, émanant de la cour, contribuaient à maintenir, dans les consciences chrétiennes, ce sens des vertus évangéliques qui permettrait à la réforme de trouver des points d'appui dans les âmes, au jour où Dieu la susciterait dans son Eglise.

Les saints.

Saint Brunon,

archevêque

de CologQ«.

Sainte Mathilde.

Sainte Adélaïde.

Le fils et successeur d'Otton le Grand, Otton II, dit le Roux, ne j* ^

' ' L enapereur

manquait pas d'intelligence et de courage. Instruit par des maîtres Otton II, habiles, il surpassa son père par sa culture intellectuelle, mais il lui fut *Jq\3!q^3)^

1. P. L., t. CXXXVIT, col. 939 et s. ; M. G., SS., t. IV, p. 3o3-3o5 ; Magî^tti, Thi'âlre de HroswUha, Paris, i8/i5.

2. Dom Geillier, Hist. des aul. ecclés., t. XIX, p. 621 et s.

3. Acla sanctoruin, octobre, t. V, p. 698 et s. ; M. G., SS., t. VI, p. 352-275. L Ibid. au i4 mars; M. G., SS., t. IV, p. aSa-Soa.

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' inférieur par son caractère, qui fut mobile, faible et de peu d'éléva-

\ion. Agé de dix-huit ans seulement au moment où il prit possession du trône impérial, les conseils de sa sainte mère Adélaïde eussent pu le préserver de bien des écueils ; mais il avait à peine ceint la cou- Intrigues ronne que les intrigues de la jeune impératrice Théophano, soutenue tricc P^^ "°® faction de courtisans, amenèrent la disgrâce de la reine mère,

Théophano. qui dut quitter la cour et se réfugier en Italie. Avec la pieuse veuve d'Otton le Grand, le génie de l'empire sembla disparaître. Ce fut la décadence manifeste des deux grandes œuvres du premier empereur germanique.

Lutte contre D'une part, dès le lendemain de la mort d'Otlon P*", toutes les tILeœande ambitions, toutes les convoitises, refoulées un moment par sa main puissante, s'étaient donné libre carrière. Tandis qu'Henri de Bavière, s'alliant aux ducs de Bohême et de Pologne, aspirait à ruiner, à son profit, la suprématie de la Saxe, les descendants des anciens ducs de Lorraine relevèrent la tête, et les Danois au nord, les Slaves à l'est, recommencèrent leurs invasions. La première partie du règne d'Otton II, de 972 à 980, se passa à réprimer ces soulèvements.

D'autres préoccupations l'attirèrent alors en Italie. Là aussi des passions, tenues en bride par la main ferme du premier Otton, momentanément apaisées par la sage modération de Jean XIII, s'étaient déchaînées. Un parti, qui se disait national, parce qu'il combattait l'influence allemande en Italie, mais qui travaillait en somme pour Les cabales satisfaire l'ambition de quelques seigneurs, avait à sa tête ce Crescen- Cie&centius ^'"^* °^ Gensius, que nous avons rencontré lors de l'avènement de Jean XIII. Gomme en 966, on résolut, pour abattre l'hégémonie impériale en Italie, de s'attaquer à celui qu'on regardait comme sa créature, le pape Benoît YI. On tenait en réserve, pour le remplacer, un cardinal-diacre, qui s'était distingué par les mauvais traitements qu'il avait infligés à Benoît V, Bonilace Franco. Ce que fut le drame machiné par Crescentius, nous le savons par la notice, d'un laco- Mort tragique nisme amer, consacrée au pape Benoît VI dans le Liber pontijicaiis : (juiile"t'q74). ^^ Benoît, né à Rome et fils d'Hildebrand, y est-il dit, siégea un an et six mois. Il fut arrêté par un certain Cencius, fils de Théodora, et enfermé dans le château Saint-Ange, 011 il fut étranglé, à l'instigation du diacre Boni face, qu'on avait déjà fait pape, lui vivant *. » Œuvre Le registre de Benoît YI nous le montre attentif à favoriser la vie

réformatrice Benoît VI.

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