‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 170 sur 336 · Watterich, t. II, p · texte numérisé non relu

Watterich, t. II, p

L*AFFRANCHISSEME?(T DE l'ÉGLISE 287

avait injustement concédé^ ». Dès lors, il ne pensa plus qu'aux

moyens d'expier sa faute et de reprendre, par un acte ofTiciel, les

concessions qu'il avait faites à l'empereur. Pour expier son acle de

faiblesse, il résolut d'abdiquer, puis de se retirer dans l'île de Por-

tia, au sud de Rome, pour y vivre dans l'ascétisme. Son entourage

le détourna de ce projet ^. Pour retirer officiellement la concession,

il convoqua un concile, qui se réunit au Latran le 18 mars 1112. Svnode , , . . 1 1. , A r^ , 1 1» A lA ï. 1 w du Latran

Sur la proposition de 1 oveque Gérard d AngouJeme, 1 assemblée, (18 mars composée de douze archevêques, cent quatorze évêques, quinze car- ma),

dinaux-prêtres et huit cardinaux-diacres, signa unanimement la déclaration suivante: « Le privilège, — qui serait mieux nommé pravilège, — extorqué au pape par le roi Henri, est rejeté par nous tous, unis dans ce saint concile avec le pape Pascal ^. »

Gérard d'Angoulême se chargea de la mission délicate de notifier au roi la décision conciliaire. Comme il fit remarquer au monarque que celte déclaration n'annulait pas le serment prêté par le pape « de ne jamais inquiéter l'empereur pour ses attentats contre le Saint-Siège et pour le droit qu'il s'arrogeait de donner des investitures », Henri s'abstint de toute rét^rimination, temporisa, et. suivant son habitude, chercha d*abord à reconquérir par la ruse le terrain perdu. H voyait d'ailleurs le nombre de ses ennemis augmenter en Allemagne, et avait tout intérêt à se réconcilier avec le pape et avec ritaliCi On l'avait vu déjà se rendre en Toscane, pour y visiter Henri V la comtesse Mathilde, qu'il appela sa mère et qu'il constitua vice- deTdTsirs do reine d'Italie *. Il réunit dans la Haute-Italie une importante paix,

assemblée d'évêques et d'abbés, pour délibérer sur les moyens de rétablir une paix définitive entre le Sacerdoce et l'Empire. H faut croire que cette assemblée na lui donna pas la satisfaction

1. Maî^si, XX, 1008, B.vRONius, ad ann. 1111, n. a4; ad ann. 11 12, n. 3. On peut rapprocher cette faiblesse momentanée de Pascal II, de la faiblesse momentanée du pape Libère à Bérée, au iv« siècle. [Hist. gén. de VEghse, t. II, p. il^']iliS) el de celle du pape Pie VII à Fonlaiiebleau [Hist. gén. de l'Eglise, t. Vil, p. 286-387). 11 serait, d'autre part, intéressant de comparer l'abandon des droits régaliens, fait par le pape Pascal, pour obtenir l'indépendance de l'Eglise, avec l'abandon des biens ecclésiastiques si généreusement consenti, dans une même intention, par l'unanimité du clergé de France, en J907.

a. Voir SuGEB, Vita Ludovici Grossi, cap. ix, P. L., t. CLXXXVI, col. 1372 ; Gesta episcop. Engolismensium, cap, xxiv, M. G., SS., t. XXI, p. 5a. Godefroy de Viterbe dramatise la scène, représente le pape déposant sa m-tre et scn manteau en plein concile de Latran, devant les Pères, qui repoussent son abdlcalicn.

Page 1