DoM.Mzo, Vi(Q Maitiiidis
îî vient à
Rome
et
y est couronné
par
l'archevêque
Surdin
de Braga
(avril III l).
de Pascal II
(ai janvier
in8j.
qu'il en espérait, car, au printemps de m 7, sous le prétexte de mettre fin à un conflit qui s'était élevé entre le pape et les Romains, il apparut brusquement devant Rome. Il y fut accueilli par les vivats de gêna soldés d'avance ; mais le clergé le reçut avec froideur. Aux fêtes de Pâques, aucun cardinal ne consentit à lui placer la couronne sur la tête, comme c'était l'usage de le faire toutes les fois qu'un empereur se trouvait à Rome au jour d'une grande fête de l'Eglise. Henri dut avoir recours, pour cette cérémonie, à un archevêque de Braga, Maurice Burdin, venu à Rome à cause de ses difficultés avec le primat de Tolède. Quant au pape Pascal, il avait quitté la ville à l'annonce de l'approche de l'empereur, et s'était rendu à Bénévent, d*où il excommunia Burdin et appela les Normands à son secours. Mais la petite troupe normand© qui répondit à son appel fut battue et dispersée *. Néanmoins, grâce au concours de plusieurs villes et surtout au dévouement des Romains, Pascal II put rentrer dans Rome en janvier 11 18 ; mais, épuisé de fatigue, il y tomba malade et y mourut le 21 du même mois. Au moment de mourir, il convoqua autour de lui les cardinaux, leur recommanda l'union, puis les engagea à résister de toutes leurs forces à 1' « énormité teutonique, enormilali ieutonicœ ^ ».
Henri V
fait proclamer
antipape
son
ami Burdin
(mars 11 18).
Ce conseil fut entendu par les cardinaux et par le pape qu'ils élurent, Gélase IL En vain Henri V employa-t-il tour à tour les promesses et les menaces pour obtenir du nouveau pape des concessions pareilles à celles qu'il avait un moment arrachées à Pascal II. En vain, pour l'effrayer, fit-il solennellement sacrer, le 8 mars 1118, et prétendit-il imposer à l'Eglise comme pape, sous le nom de Grégoire VIII, son fidèle Maurice Burdin ; Gélase, le 7 avril, prononça une sentence d'excommunication contre Henri et sa créature. Les partisans de Burdin eurent alors recours à la violence, engagèrent, dans Rome même, contre les chrétiens fidèles au pape légitime, des luttes sanglantes. Gélase mit fin à ces tristes scènes en quittant Rome. « Quittons Sodome », dit-il à ses amis ; et, passant par
r. F. Gha.l\ndon, Hist. de la domination normande en Italie, t. I, p. 3ao. a. Pierre de Pise, Vita Paschalis U^ n. 27, P. L., t. GLXIII, col. 27 ; Acta Sanctorum, mai, t. II, p. 3i4.
L*AFFRANCHÏSSEME?«T DE LEGLISB 289
Pise et Gênes, il se rendit en France, où il arriva à la fin d'oc- I^e pape
,. , . , T^ . j '^ belase il
tobre 1 118. Il se proposait d*y reunir a Reims, en un grand concile excommunie de paix, loin des provocations bruyantes et des controverses pas- le roi
sionnées, les évêques de France et d'Allemagne, quand la mort le surprit à Cluny, le 29 janvier 1 1 19 - ^^ ^°^}
Dès le lendemain, les cardinaux, les clercs et Us laïques romains ^i^^y qui avaient suivi le pape Gélase dans son exil choisirent, pour le remplacer, l archevêque Guy de Vienne. Ce choix ayant été agréé par les cardinaux restés à Rome et par le peuple romain, le nouvel élu fut couronné pape à Vienne le 9 février 1119, sous le nom de GalixteII. Son premier soin fut de réunir à Reims le grand concile ,C^^^^^® ^?
^ T • j T7 réunit a Heims
de pacification qu'avait projeté son prédécesseur. Le roi de t^rance, ^^
Louis le Gros, les principaux prélats de France, d'Allemagne, d'Ita- grand concile lie et d'Angleterre, promirent de s'y rendre. La tactique était toujours, sans négocier avec l'empereur, ni avec l'antipape, ni avec aucun de leurs représentants, de leur opposer l'autorité d'une assemblée immense proclamant avec force le droit. Cette lactique avait d'autant plus de chance de réussir, que l'empereur, très préoccupé des luttes intestines qui désolaient de plus en plus son Empire, cherchait en vain un appui sohde pour son trône. Ce fut lui qui prit l'initiative de proposer au pape une formule de conciliation. 11 s'engagerait, disait-il, à renoncer « à toute investiture sur les Eglises^ »^ Le concile s'ouvrit le 20 octobre 1119. On y compta quinze archevêques, plus de deux cents évêques, et, en tenant compte de nombreux abbés et dignitaires ecclésiastiques, en tout, quatre cent trente prélats. Après le règlement de plusieurs affaires particulières, et le vote de plusieurs décrets importants sur la Trêve de Dieu, on s'occupa de la grande question des investitures. Pour ne pas être dupe, une fois de plus, de la perfidie de l'empereur, le pape se rendit en personne au camp impérial, à Mouzon, et lui demanda de Entrevue nouvelles précisions sur ses intentions relativement aux investitures. , ^, P^^^®
^ lie i empereur
Des entretiens qu'il eut avec l'empereur, Calixte demeura convaincu à Mouzon qu'on lui tendait un nouveau piège ; qu'en promettant de renoncer à \"'9)« « investir les clercs «. à titre de chefs des Eglises, le roi entendait bien les investir à titre de possesseurs de fiefs, et. par là, reprendre ses anciennes pratiques sans y rien modifier. Au&si. lorsque le pape, de retour au concile, eut rendu compte des conférences tenues à
I. M G., Leges, secl. IV, Consi. et Acia, I, n. io4, Jo5, p. ib"; et s.
Hist. gén. de 1 Eglise. — IV 19
L'anathème
est prononcé
contre
Henri V.
L'antipape Burdin
est arrêté par la foule
et conduit
en prison (avril liai).
Le peuple
et une partie
des seigneurs
K prononcent,
en
Allemagne,
pour
la cause
du pape.
Lettre
conciliante
du pape
à l'empereur.
Mouzon avec l'empereur, les (juaitre cent trente membres du concile prononcèrent contre l'empereur un anathème solennel *.
Le but du grand concile était atteint : Henri V avait compris qu'il était inutile d'essayer désormais de tromper le pape par des formules équivoques, et qu'il fallait compter désormais avec une opposition formidable des grandes Eglises de la chrétienté, toute?: rangées autour du pontife pour défendre ses droits. Divers événements lui montrèrent par ailleurs qu'il ne s'agissait point là d'une manifestation passagère. L'opinion publique, lasse de tant de querelles, se rangeait du côté du pape. Au mois d'avril 112 1, la population de Sutri s'emparait du malheureux antipape Burdin, le chargeait honteusement à rebours sur un chameau, et le conduisait dans cet accoutrement à Rome, où la foule l'aurait mis en pièces, si le pape ne l'avait fait arracher à la fureur populaire, puis enfermer dans le couvent de la Trinité, à la Gava. Au mois de décembre de la même année, l'empereur, ayant investi comme évêque de Wûrzbourg une de ses créatures, une grande partie du clergé et du peuple avait ouvertement résisté à l'élu impérial et fait aussitôt un autre choix. Les princes, qui, dans une diète tenue à Wûrzbourg au mois de septembre, avaient décidé que l'empereur promettrait obéissance au pape, prirent parti pour l'élu du clergé eî du peuple. L'empereur était acculé. Une lettre très prévenante et très affable de Calixte lui facilita l'acte de franche et définitive soumission que tout lui imposait. « L'Eglise, disait le pape, ne cherche pas à revendiquer quoi que ce soit de ce qui vous appartient. Que l'Eglise possède ce qui est à Jésus-Christ, que l'empereur garde ce qui est à lui, et que chacune des parties se contente de son office 2. » Le pape proposa de délibérer sur les conditions d'un accord dans une diète, à laquelle prendraient part les évêques et les princes laïques de l'Empire. Le siège de l'assemblée fut fixé d'abord à Mayence, puis, pour mieux ménager la susceptibilité de l'empereur, à Worms, ville qui lui était tout particulièrement dévouée. Les discussions furent longues, et, plus d'une fois, pénibles. La patience et la bonne volonté des représentants du Saint-Siège surmontèrent enfin toutes les difficultés. Par le traité conclu le 28 septembre 11 22, sous le nom de concordat de Worms, l'empereur renonça à l'investiture