Ibid., p. xrt
Insuffisance de l'action
des moines
pour
la réforme
cléricale.
vaient abouti qu'à des réformes partielles et peu stables. L'influence directe des moines, en particulier de ceux de Cluny, sur le clergé, n'avait pas eu de meilleurs résultats. La papauté, en exemptant le moine clerc de la juridiction épiscopale, l'avait mis hors des cadres de la hiérarchie. De là des conflits inévitables entre le monastère et la paroisse, La substitution, parfois brusque, sous prétexte de réforme, des moines aux simples clercs dans un certain nombre d'églises, dans des cathédrales mêmes, avait, çà et là, rendu très aigus ces conflits. Le simple clerc alléguait, non sans quelque raison, si l'on s'en rapporte à la discipline de ce temps, que « le moine dérive de l'ordre laïque de l'Eglise ; que rien, dans sa nature ou ses traditions, ne le voue en définitive à la cléricature ; que rien, dans sa vocation, ne le destine, en règle ordinaire, à régir les âmes ^. » Enfin, pour ce qui concerne plus particulièrement l'ordre de Cluny, le clergé hiérarchique ne voyait pas sans quelque envie ses grandes possessions territoriales s'agrandir de jour en jour. Toutes ces raisons expliquent comment l'action directe des réformateurs clunistes, efficace sur l'épiscopat, atteignit à peine les rangs inférieurs du clergé hiérarchique.
Voilà pourquoi de bons esprits tentèrent de réformer ce dernier clergé par l'infusion de l'espritmonastique dans sa vie, mais sans l'intervention directe des moines. Ce procédé, nous venons de le voir, était de tous points conforme aux recommandations des papes. Le clerc des paroisses et des cathédrales aimait à opposer Tordre « canonique » à l'ordre « monastique 2 ». On lui proposerait simplement de prendre une w règle », telle que le clergé apostolique et le clergé formé par saint Augustin en offraient le modèle ; en d'autres termes, de devenir un « chanoine régulier ». Cette proposition serait faite avant tout aux chanoines proprement dits, à ceux qui composaient les chapitres des cathédrales, et dont l'importance était devenue si grande au xi^ siècle, tant par les grands biens dont ils étaient propriétaires que par le droit de choisir l'évêque, qui leur était attribué en plusieurs endroits ; elle s'adresserait en même temps à tout prêtre chargé du service d'une église sous l'autorité d'un évêque.
C'est à Guillaume de Champeaux que revient l'honneur d'avoir,