Jaffé, n
8. Des chroniqueurs ont fait mention d'un pape nommé Domnus ou Donus entre Benoît VI et Benoît VII. Ce nom ne se trouve pas dans les plus anciens et le» meilleurs catalogues des papes. Les chroniqueurs qui l'ont mentionné ont sans doute pris 1 expression Domnus papa, qui dans les documents désigne Benoît \ 1, pour le
4o HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
pendant neuf ans. C'était un homme d'une activité et d'une énergie remarquables. Le premier de ses soins fut de réunir à Rome un concile qui frappa d'anathème Boniface Franco *. Dans deux autres conciles, tenus lun à Ravenne, vers 974, l'autre à Rome, vers 981, Il combat il fit condamner énergiquement la simonie ^. Il avait conscience que * '*™ là était le mal essentiel de cette triste époque. Par la simonie entraient
dans 1 Eglise les pasteurs mercenaires, qui ravageaient le troupeau du Christ, en le divisant par leurs intrigues et en le scandalisant par leur inconduite. Par ailleurs, les scènes tragiques qui avaient ensanglanté le trône pontifical avaient eu leur retentissement dans l'Eglise entière. En Italie, des seigneurs, à l'exemple de Crescentios, chas- Etat troublé salent les officiers impériaux, se constituaient en Etats indépendants chrétien ^^ 1 exerçaient un pouA^oir despotique. En France, les maux résultant à celle époque, de l'inféodation seigneuriale des évêchés se compliquaient de la crise dont souffrait la dynastie régnante : entre la vieille race carolingienne, décrépite, incapable de défendre le pays, et la jeune maison des ducs de France, les meilleurs Français, les évêques eux-mêmes se divisaient. En Angleterre, au milieu des guerres sanglantes qui éclatèrent pour la succession au trône, après la mort du roi Edgard, les clercs déposés pour inconduite ou simonie s'étaient révoltés, et, soutenus par un grand parti politique, avaient déjà chassé un grand nombre de moines établis à leur place. En Allemagne, les troubles suscités après le décès d'Oltou le Gra^d n'étaient pas apaisés. Les Slaves de l'Est et du Nord s'agitaient sourdement. En Orient, l'antipape Boniface, qui s'y était réfugié, multipliait ses menées, cherchant à exploiter contre son rival les vieilles jalousies byzantines. L'Empire et l'Eglise étaient à la fois menacés.
Intervention Otton prétendit prendre la défense de l'un et de l'autre. Sa vie
d'Otton II • ' 1 1 -i 1 • • j- j' -Il • •
en Italie pnvee le rendait de moins en moins digne d une si liante mission. Les scandales de son iuconduite s'étalaient maintenant au grand jour. En 980, il se dirigea vers l'Italie. A Pavie, il rencontra sa pieuse mère Adélaïde, dont la tristesse toucha son cœur, et il se réconcilia avec elle. Quand il parvint à Rome, au début de 981 , l'apaisement s'y était fait, grâce aux mesures prudentes et fermes qu'y avaitprises Benoît VIL
nom propre d'un nouveau pape. Ni JalTé, ni Hefcle, ni Mgr Duchesne, n'admettent l'existence du pape Domnus. Voir Jaffé, n. 0778 ; Hefelk-Lbclercq, t. IV, p. 833; Duchesse, Lib. ponlif.^ t. I, a56, note 4-