‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 182 sur 336 · Hémusat, Abélard, t. I, p. a5o · texte numérisé non relu

Hémusat, Abélard, t. I, p. a5o

L AFFRA.NCHISSEMENT DE L EGLISE

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Dieu *. » En effet, ce que Pierre avait surtout puisé dans sa formation monastique, c'était le goût d'une tendre piété, qui n'avait fait que croître depuis le jour où il avait été offert, encore enfant, à l'ordre de Gluny, et qui devait grandir encore.

Le nouvel abbé n'ignorait pas les difficultés de la tâche qui lui incombait. Le pape Galixte II, de son côté, dans la lettre qu'il écrivait aux moines de Gluny pour confirmer l'élection de Pierre, témoignait qu'il ne méconnaissait pas la gravité de la situation. Il encourageait les religieux à se montrer dociles envers leur nouveau supérieur, et menaçait des pénalités ecclésiastiques ceux qui « oseraient troubler la congrégation ^ ».

Pour l'aider dans son oeuvre réformatrice. Pierre fit appel à un religieux dont il connaissait la grande expérience et la surnaturelle énergie, le prieur Mathieu, de Saint-Marlin-des-Cliamps. Grâce à sa collaboration, il put remédier à bien des abus. Dans le boire et dans le manger, le superflu fut supprimé ; on renonça à bien des aises, dont plusieurs avaient pris une douce habitude. La paix était rentrée dans le monastère, quand, tout à coup, Pons, qui s'était retiré en Palestine, débarqua en Europe. Pour déjouer les calculs de ceux qu'il voulait tromper, il déclara qu'il voulait simplement changer de retraite. Au fond, le démonde l'ambition s'était de nouveau emparé de lui. Ghoisissant un moment où Pierre le Vénérable était absent de Gluny, il se présente au monastère, accompagné d'une troupe armée de ses partisans et de quelques bandits soudoyés, qui brisent les portes, envahissent les cloîtres, dispersent ou emprisonnent les religieux. Les châsses d'or et d'argent qui contiennent les reliques des saints, les vases sacrés eux-mêmes, rien n'est épargné. Les villages et les lieux fortifiés qui entourent le monastère, sont envahis, et, pendant trois mois, le pillage et le meurtre régnent à Gluny'. Une sentence du pape Honorius, déclarant Pons et ses complices sacrilèges, schismatiques et excommuniés, met fin à cet abominable désordre ; et celui qui avait porté pendant quatorze ans la crosse abbatiale de saint Odon et de saint Hugues, meurt, séparé de l'Eglise, sans vouloir se repentir ni se faire absoudre *.

Pierre

le Vénérable

entreprend

la réforme

de Gluny.

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de

l'abbé Pons,

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