‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 184 sur 336 · Jaffé, n. i333o, P L., t. CLXXXV, col · texte numérisé non relu

Jaffé, n. i333o, P L., t. CLXXXV, col

5. Luther, dans ses Propos de table ; Galyih, dans ton Instilation chrétienne, 1. IV, ch XI.

6. Nous voulons parler surtout du Memorare, dent le début est de saint Bernard,

Son enfance.

Se* origine. Celui qui devait remplir uae si haute et si pure destinée, était né, en 1090, au château féodal de FoQtaiHes. eu Bourgogne, tout près de la ville de Dijon, d'une famille illustre et opulente. Parmi les parents du seigneur de Fontaines, son père, les chroniques et les chartes signalent des vicomtes de Dijon, des seigneurs de Châtillon, et, parmi les ascendants de sa mère, les anciens ducs de Bourgogne*. Mais si, de ce haut et puissant lignage, Bernard tint la suprême distmction, le fier courage, qui caractérisent sa physionomie morale ; de sa mère, Aleth de Montbard, il tint surtout une aimable et solide piété. Dès son jeune âge, il fut, nous disent ses biographes, un grand « méditatif » *. EcoHer silencieux et timide, fuyant les compagnies bruyantes des jeunes gens, pour se recueillir dans quelque lieu solitaire, il ne faisait rien prévoir, aux yeux du monde, de cet ardent prosélytisme qu'il déploierait plus tard; mais il en préparerait les bases, en cultivant en lui l'esprit de foi. Pour lui la religion fut bientôt « le tout de la vie », Il a vingt-deux ans à peine; le monde sourit aux grâces de sa jeunesse; mais lui. non content de porter ses regards vers la vie du cloître, a déjà fait partager à l'un de ses oncles, à cinq de ses frères, à plusieurs de ses jeunes amis, son attrait pour une vie tout entière consacrée au service de Dieu. Deux traits distinguent déjà l'âme de Bernard à cette époque : une ardente dévotion envers la Vierge Marie, et une sorte de culte filial envers sa pieuse mère, qu'il a perdue de bonne heure, mais dont il porte en lui le souvenir constant ^, dont il cherchera toujours à suivre les inspirations à ses heures de doute. C'est en pensant à sa mère qu'un jour, un moment ébranlé dans sa vocation par les sollicitations de ses amis, il renonce pour jamais à toute carrière mondaine *. Peu de temps après, on trouve Bernard, entouré de trente jeunes seigneurs, à Châtillon-sur-Seine, menant avec eux une vie commune de prière et d'austérité. Six mois plus tard, au printemps de 11 12, les trente gentilshommes demandent à partager la vie austère de Cîteaux. Avant son départ, Bernard est allé au château de Fontaines, em-

Sa vocation

religieuse.

Sa retraite à Châtillonsur-Seine.

et de la prose Jesu, dulcU memoria, qui, si elle n'est pas de lui, s'inspire manifestement d'un de ses sermons (Sermon TV, De diversis, n. i).

1. JoBiN, Saint Bernard et sa famille, un vol. in-80, Poitiers, 1891.

2. Mire cogilalivus (Guillaume de Saint-Thierry, Vita Bernardi, 1. I, cap. i, n. 3, P. L., t. CLXXXV, col. aaS).

3. <( Il eut toujours ce que j'appellerai le sentiment de la présence réelle de st mère auprès de lui. » iVacandard, op. cit., t. 1, p. 18.)

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