‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 189 sur 336 · GuiGN\RD, op. cit., p · texte numérisé non relu

GuiGN\RD, op. cit., p

Le

mouvement

intellectuel

au début

du XII* siècle.

des «uoiversaux».

et moral. Des homrties comme Guillaume de Champeaux, Pierre le Vénérable et Bernard de Clairvaux, n'avaient pas moins de vigueur d'intelligence que de vertu. Leur place est dans l'histoire de la civilisation générale comme dans celle de l'Eglise.

Depuis que saint Anselme, dans son enseignement et dans ses

.vlouvemeni écrits, avait donné une si large place à la spéculation rationnelle, le philosophique. , . ,, . a r r\ t •

mouvement scolastique ne s était pas arrête. On y peut distinguer, bien que souvent mêlés et confondus, deux courants : l'un, plus proprement philosophique, qui se manifeste surtout dans la discussion du problème des universaux ; l'autre, plus spécialement théologique ou mystique, qui se révèle dans les controverses soulevées par les hérésies d'Abailard et de Pierre de Bruys.

Un philosophe grec, mort au début du iv* siècle, Porphyre, avait ^* *î]i^***°" écrit, dans son Izagoge, cette phrase : « Je ne rechercherai point si les genres et les espèces existent en eux-mêmes ou seulement dans l'intelligence, ni s'ils existent séparés des objets sensibles ou dans ces objets et en faisant partie : ce problème est trop difficile *. » Ce problème, qu'un des derniers philosophes du monde antique déclarait non encore résolu ^, fut celui qui passionna les premiers métaphysiciens du Moyen Age. Y a-t-il des réalités distinctes des êtres singuliers dont nous constatons l'existence? Les êtr»g semblables par l'espèce ont-ils un élément réel, commun à tous, distinct, mais non séparé d'eux-mêmes ? En dehors des hommes que je rencontre, r « humanité » est-elle quelque chose? Ou bien n'est-ce qu'un vain mot? Problème dont plusieurs historiens ont souri, mais où plus d'un esprit sérieux a cru voir « le problème inévitable » de la métaphysique 3, « le problème même de la philosophie *. » Il est connu sous le nom de u problème des universaux )>. Or, vers la fin du xi^ siècle et au début du xii®, trois hommes célèbres l'abordèrent, le discutèrent avec feu devant une jeunesse passionnée, et en donnèrent trois solutions différentes. Ces trois hommes furent Roscelin, Guillaume de Champeaux et Abailard.

Pcsitîotî du probiîuQC

I. Traduction de V, Cousin, FragmenU philosophiques, Philosophie du Moyen Age^ p. 68.

a. Platon sans doute, avait considéré les universaux comme des idées préexisinntes dans l'entendement divin, comme des archétypes, d'après lesquels tous les êtres corporels avaient été formés ; Aristote les avait considérés comme des formes créatrices qui, en s'unissant à la matière, donnaient naissance à tous les êtres ; mais le problème n'avait donné lieu à aucune grande controverse.

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