Ch. DE Rémusat, Abélard, t. I, p. l\f
A. M. DB WuLF, op. cit., p. 203.
Hist. géa. de l'Eglise. — IV
SI
Résultats
heureux de la
querelle
des
universaux.
trois Dieux, il identifie les trois personnes avec l'Essence divine. Il prétend rendre intelligibles tous les mystères, et déclare « qu'on ne peut croire que ce qu'on a préalablement compris * ». Par là, après avoir ruiné la notion catholique de la Trinité, il ruine le concept catholique de la foi. Aussi un concile de Soissons, en 1121, le condamne-t-il à brûler lui-même le fameux livre qui contient ces deux formidables erreurs, le Tracialas de unitaie et trinitate divina ^.
Malgré tout, la controverse des universaux contribua au progrès des études philosophiques. Les réalistes, même outrés, par l'attention qu'ils ont portée à la réalité substantielle des choses, « ont servi puissamment au développement de la métaphysique ^ » ; et les nominalistes, dans l'ardeur qu'ils ont mise à chasser de la philosophie les entités chimériques, par l'étude critique qu'ils ont tentée des lois de l'abstraction et de la réflexion, ont donné un incontestable essor aux études psychologiques *,
Le
mouvement théologique.
L'hérésie manichéenne.
Les hérésies de Roscelin et d'Abailard se rattachaient à des erreurs philosophiques; il en était- d'autres qui, nées sur le terrain même de la théologie et de la piété, ne troublèrent pas moins l'Eglise pendant le premier quart du xii® siècle. Tandis que le nominalisme et le réalisme exagéré, transportés dans l'interprétation du dogme, en faussaient le sens dans le monde des écoles, l'hérésie manichéenne, secrètement propagée dans les masses populaires, y propageait les plus dangereuses doctrines.
Nous avons déjà rencontré plusieurs fois, et nous retrouverons plus d'une fois encore, dans la suite de cette histoire, la secte manichéenne. Bossuet a marqué, dans sod Histoire des Variations ^, les principales étapes de cette funeste hérésie, qui, possédant à merveille
I. biec credi posse aliquid, nisi primilus inlellectum [Historia calamitatuiriy cap. ix, P. L., t CLXKVIII, col. aa).
a. L,e livre condamné à Soissons était-il le Tractatus de unitate et trinitate divina, découvert et publié par Sbolzle, en 189 1, à Fribourg, ou bien un « opuscule sur la Trinité » désigné par Abailard dam sa lettre XIV (P. L., t. GLXXVIII, col. 357) ? Voir Hefele-Leclbrcq, Hist. des conciles, t. V, p. HJ6-597.