‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 20 sur 336 · P. L.. l. CXXXVll, col. 5o3 et s · texte numérisé non relu

P. L.. l. CXXXVll, col. 5o3 et s

II. Hist. lUlérmre. l. M, 4^4 ; Dom Gbillier, Hist. des aui. ecclc's. ,cdi[. de 1754, p. 675 ; Marius Sepet, Adalbéron et V Eglise de Reims dans la France chrétienne dans V histoire, p. 1 19-1 3a.

remédier aux maux dont l'Eglise anglaise souffrait *. Au concile de Winchester, comme certains évêques parlaient de revenir sur certaines sanctions, jugées trop sévères, une ancienne tradition rapporte que le crucifix suspendu à la paroi de la salle des séances aurait dit à haute voix : Non Jiet, non fiet; judicaslis hene, maie mutaretis. « Cela ne sera pas, cela ne sera pas ; vous avez bien jugé, ne changez rien, vous feriez mal. » Le concile de Gaine eut une issue tragique. Le plancher de la salle s'étant effondré, tous les membres de l'assemblée furent plus ou moins grièvement blessés, sauf Dunstan, qui n*eut aucun mal. Beaucoup y virent la preuve que Dieu était avec 1 archevêque, et que la réforme, dont il était le plus ardent promoteur, devait être acceptée avec docilité. Benoît VII n'eut pas à inter- Benoît Vil venir directement dans la politique des souverains d'Orient. Pour répondre aux empiétements des Grecs dans l'Italie méridionale, il y maintint fermement l'organisation des provinces latines que Jean XIII avait établies à Gapoue, Bénévent, Salerne, Naples et Amalfî. On eût dit d ailleurs que Dieu se chargeait de faire suivre d'un châtiment providentiel chacun des attentats des empereurs orientaux contre les papes. En 976, le basileus Zimiscès, dédaignant toute aide de l'Occident, rêve de refouler, à lui seul, l'empire du Groissant jusque dans Les ambitions les déserts de l'Arabie, son berceau. Il entre en Syrie, où les Arabes ^^on°m^ux"^^ ^® ^^^^ établis et fortifiés, s'empare d'Apamée, d'Emèse et de Baalbek, reçoit la soumission de l'émir de Damas, descend en Phénicie et la Jean Zimiscès conquiert. 11 se dispose à emporter d'assaut Jérusalem, fier d'accom- 193 -97 )• piij. pgj. ses propres forces l'œuvre gigantesque pour laquelle Otton le Grand lui-même avait demandé le concours de l'Occident, quand son premier ministre, Basile, met fin à ses victoires et à sa vie en Basile II mêlant du poison à son breuvage 2. Sous son successeur Basile II, un (97 -102 j. gouverneur grec, ayant reconquis, dans la basse Italie, sur les Sarrasins, les villes de Brindes et de Tarente, profite de sa victoire pour soustraire les Eglises de ces deux villes à la juridiction du Pape et les placer sous la dépendance du patriarcat byzantin. Gelte fois-ci, le châtiment vient des Bulgares, qui se révoltent sur toute l'étendue de leur territoire et tiennent en échec pendant quatre ans toutes les forces de l'Empire.

Benoît VII Le registre de Benoît VII, l'un des plus complets qui nous

iavorise

I . Nous ne possédons les actes que des conciles de Winchester et de Gaine, Marsi, t. XIX, 61 et s.. 63 et s.

a. Cf. G. ScHLUMBERGEK, V Epopéc byzonline à la fin du X' siècle^ Paris, 1896.

LK PROTECTORAT IMPERIAL

soîent restés dans la période si tourmentée du x* siècle, montre la sollicitude attentive de ce pontife pour tous les besoins de l'Eglise. La plupart des grands monastères de la Gaule, de l'Allemagne et de l'Italie, Vézelay, Saint-Pantaléon de Cologne, le Mont-Cassin, Saint-Pierre de Pérouse, Gorbie, Saint-Valéry, Subiaco, sont l'objet de sa prédilection. Mais il semble que ses regards se portent plus attentivement sur Gluny, comme sur la principale source de la restauration religieuse qu'il désire : « La congrégation que vous dirigez, écrit-il à son abbé, n'a pas de plus dévouée protectrice que cette Eglise romaine, qui voudrait la dilater dans le monde entier et qui tient à la défendre contre tous ses ennemis ^. »

Benoît VII mourut le lo juillet gSS. Sur sa tombe, qui se trouve dans l'église Sainte-Groix de Jérusalem, on peut lire l'inscription suivante : « Dans ce sépulcre, reposent les dépouilles mortelles de lienoît, VII* de ce nom. Il renversa l'orgueil du cruel usurpateur Franco... Il frappa les déprédateurs de la sainte Eglise romaine... Il fut l'appui des veuves et le père des pauvres ; il considéra les délaissés comme ses propres enfants ^. »

le développement de la vie monastique.

Benoît VII et Gluajr.

Mort de

Benoît VII

(lo juillet

Le successeur de Benoît VII fut le chancelier Pierre, évêque de Pavie, qui, par respect pour le prince des apôtres, changea son nom en celui de Jean, et devint Jean XIV 3. En obtenant des Romains l'élection du chancelier de son empire, l'empereur Otton se flatta sans doute, et tous ceux qui comptaient beaucoup sur l'efficacité des calculs politiques se flattèrent aussi d'avoir enfin réalisé l'idéal d'un Saint-Empire pacifié et triomphant. L'illusion était naturelle. Nul prélat n'était plus habitué que le nouveau pape au maniement des affaires publiques ; nul ne connaissait mieux les ressorts de la politique internationale, les sourdes menées de Constantinople, les forces du monde musulman ; nul ne pouvait mieux résoudre les multiples difficultés du gouvernement de Tltalie méridionale. Possédant la

Election du

pape Jean XIV

(novembre

ou décembre

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