Jakfh, n
Affaire»
d'Angleterre.
îlonorius
met fin, par
sa sagesse,
à deux
différends qui
divisaient le Saint-Siège
et le roi d'Angleterre,
Concile de Londres
Affaires de France.
un concile tenu à Pavie, fit excommunier et déposer l'archevêque de Milan, pour avoir osé couronner Conrad. Ces mesures et la déposition des patriarches d'Aquilée et de Grado, qui avaient embrassé le parti de Conrad, eurent pour conséquence d'isoler promptement le Hohenstaufen, et de l'obliger à retourner en Allemagne sans avoir rien obtenu.
Honôrius II manifesta la même sagesse et la même fermeté politique dans ses rapports avec l'Angleterre, la France et la Sicile.
Un double conflit, remontant au précédent pontificat, et non encore apaisé, rendait les relations fort tendues entre le Saint-Siège et le roi d'Angleterre. En 1119, le pape Calixte II avait sacré à Reims, malgré la défense expresse du roi, le prêtre Thurstin, archevêque élu d'York, qui avait refusé de reconnaître la suprématie de l'archevêque de Cantorbéry et de recevoir de lui la consécration épiscopale. Henri P', très froissé, avait alors interdit à Thurstin le séjour en Normandie et en Angleterre ^. De plus, le roi d'Angleterre prétendait tenir, d'un privilège remontant à Guillaume le Conquérant, le droit d'empêcher à son gré tout légat pontifical d'exercer ses fonctions en Angleterre. « Il ne s'agissait point, disait-il, de porter atteinte à la primauté du pape, mais de sauvegarder les droits du légatné pour la Grande-Bretagne, l'archevêque de Cantorbéry. Honôrius II résolut de mettre fin aux deux conflits. A la suite de longues négociations, qu'il n'y a pas lieu de raconter ici, il parvint non seulement à obtenir la rentrée de Thurstin en Angleterre et l'acceptation du légat Jean de Crème, mais encore la tenue à Londres, en ii25, d'un concile, où Thurstin d'York siégea à côté de Guillaume de Cantorbéry. Le concile de Londres confirma les ordonnances réformatrices publiées par saint Anselme en 1102 et 1108, et renvoya à Rome la solution du différend qui divisait les archevêques d'York et de Cantorbéry 2. •
Les difficultés qui mirent en opposition, vers la même époque, le roi et l'épiscopat de France, étaient, par elles-mêmes, d'une nature moins grave ; mais par les incidents qu'elles soulevèrent, par les passions qu'elles mirent en mouvement et par les équivoques funestes dont elles furent l'occasion, elles faiUirent déchaîner un orage également redoutable pour l'Eglise et pour la France. Le zèle
i.P. L., t. CLIX, col. 5o5.
a, Ma.nsi, X.\l, 333 et s. ; Hefelb-Leclbrcq, V, p. 667
l'organisatio?? de la chrétienté 34 1
ardent de Bernard de Glairvaux et la prudence consommée d'Honorius, en amenèrent la pacifique solution.
Les grands progrès de la réforme monastique, dont Cluny, Clairvaux, Saint-Victor et Prémontré étaient les centres et les foyers, n'avaient pas été sans amener quelque trouble dans l'Etat. Chose étrange, le roi « Louis le Gros, malgré son attachement à l'Eglise, Louîs le Gros.
,, . , , - 1 1 , !.• 1 • 11 'c Son caractère
ne s était guère montre favorable a 1 mtroduction de la retorme gj ^^ politique
religieuse dans son royaume. Ce prince, dont la vie fut une longue religieuse, épopée militaire, était naturellement porté à considérer les évêques et les abbés comme de simples vassaux. Quand surgissait entre lui et son clergé un conflit d'intérêts, il résistait difficilement à la tentation d'opposer la force au droit. En cela son conseil favorisait singulièrement sa politique, a Moins une abbaye est régulière, disait-on couramment à la cour, plus elle est dépendante du roi, et plus elle est utile, en ce qui touche du moins les intérêts temporels. * » Avec de tels principes, un conflit entre l'Eglise et l'Etat était inévitable. ^ »
Il éclata à propos de la réforme que l'évêque de Paris, Etienne Conflit
entre le roi el
de Senlis, converti par saint Bernard, voulait introduire dans son l'évêque de
clergé. Louis le Gros défendit expressément à l'évêque de a rien Pans, à propos 1 ,,,,„,., T^ • Q de la réforme
changer aux coutumes, statuts et ordres de 1 Eglise de Fans » ^. ecclésiastique. L'empiétement du roi sur le domaine de la discipline ecclésiastique était manifeste. La prélat passa outre à la défense du monarque. Celui-ci fit saisir ses « régales ». L'évêque répondit en jetant l'interdit sur le diocèse de Paris. La rage des palatins fut alors à son comble. Menacé dans sa vie, Etienne se réfugie à Sens, chez son métropolitain, pendant que ses ennemis se jettent sur ses biens comme sur une proie *.
C'est alors que l'abbé de Glairvaux juge à propos d'intervenir. Intervention Par une lettre courageuse, puis, de vive voix, dans une audience saint Bernard. qu'il obtient du roi, il fait valoir les prescriptions très nettes des lois de l'Eglise, menace le roi d'un interdit plus général que le ])remier, et finalement s'écrie : « Seigneur, prenez garde que Dieu ne venge sur votre fils aîné l'injure que vous faites à ses évêques !» Le
I. Abatlard, Hist. calamitatum, dans le Rec. des liist, des crois., XIV, 290. a. Vacandard, Vie de S. Bernard, t. I, p. 203.