‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 204 sur 336 · S. Bernard, Episl., XLV · texte numérisé non relu

S. Bernard, Episl., XLV

Intrigues du roi

de France auprès

de la Ccur

de Rome.

Réclan, a lions

de •aint Bernard.

A paisement du conflit.

Affaire»

àe Sicile.

roi. saisi d'une \ague teneur, promet toutes les satisfactions qu'on lui demande *.

Mais le rusé monarque n'avait pas attendu ce moment pour manoeuvrer du côté de Rome. Peu de temps après cette entrevue un bref d'Honorius parvient à Paris, levant sans conditions 1 interdit prononcé par l'évêque Honorius. trompé parles rapports mensongers que Louis le Gros lui a fait adresser, se prononce pour le roi. Celui-ci retire aussitôt toutes ses promesses A partir de ce moment, l'affaire devient très embrouillée Nous avons une lettre éplorée de saint Bernard, suppliant le Pontife, u pour l'honneur de l'Eglise », de revenir « sur le rescrit qui lui a été subrepticement arraché par un mensonge ». Nous savons aussi qu'après avoir séjourné quelque temps à Lagny, dans les Etats du comte de Champagne, Etienne de Senlis dut comparaître devant Louis le Gros. Les détails de cette entrevue sont restés un mystère pour les historiens. Mais ce qui est certain, c'est qu'Honorius revint sur sa décision, et qu'il envoya en France un légat, Mathieu, cardinal-évêque d'Albano, chargé du soin de négocier la paix entre l'évêque de Paris et Louis le Gros. Ces négociations aboutirent à un accord, car aucune trace du conflit n'apparaît plus dans les écrits des contemporains, et, vers la fin de l'année 1129, ou au commencement de 11 3o, la paix apparaît comme rétablie entre l'Eglise et l'Etat.

L'issue des débats qui s'étaient élevés entre le pape et le comte Roger de Sicile, fut moins heureuse. Roger, après la mort de son cousin Guillaume, duc d'Apulie, survenue le 26 juillet 1 127, avait envahi ses domaines, sans égard pour les prétentions de Bohémond, qui se trouvait alors en Palestine, et pour les droits du pape en qualité de suzerain. Honorius fulmina l'anathème contre l'usurpateur, et chercha à lui résister. Mais Roger réussit à faire traîner l'affaire en longueur, et en profita pour détacher plusieurs seigneurs de la cause du pape, qui fut réduit à traiter avec son adversaire. Honorius renonça à lui contester la possession de l'Apulie ; il exigea d'ailleurs de Roger le serment de vassalité et la reconnaissance des droits du Saint-Siège, tant de fois contestés, sur Bénévent.

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