‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 210 sur 336 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

ï/OROAIVISATION DE LA CIFRÉTIEIVTFÎ 36 1

23 décembre 1 145. Pcudanl ces neuf mois d'exil, il ne fui [)as inaclif. Par les entretiens qn'il eut h Vilerbeavec Arnaud de Brescia, par les députations qui lui furent envoyées des pays orientaux et par la correspondance qu'il eut avec Bernard dcClairvaux. il put se faire une idée juste des besoins de l'Eglise, et il paraît avoir, dès ces premiers mois de solitude et d'inaction apparente, élaboré tout le programme Programme de son pontificat : combattre dans ce qu'il avait de révolutionnaire pontificat le mouvement d'indépendance municipale inspiré par les idées d'Arnaud de Brescia, reprendre l'œuvre des croisarles, continuer celle de la réforme religieuse, défendre la pureté du dogme contre les hérésies nouvelles et promouvoir le progrès des sciences ecclésiastiques.

La lutte contre les agitations révolutionnaires qui désolaient la Eugène III ville de Rome, était la plus urgente des entreprises. Depuis le dé- j^g a g; ta lions part du pape, l'anarchie régnait dans Rome. Le Sénat ayant déclaré révcluabolie la préfecture et soumis la population à la seule autorité du pa- ' '

trice. une populace ameutée s'était cru tout permis. Les inaisons des clercs et des nobles fidèles au pape, avaient été pillées ; l'église Saiul-Pierre. saccagée *. Pendant ce temps-là, Arnaud de Brescia parcourait la France et l'Allemagne, prêchant contre les richesses et l'ambition des clercs, attirant à lui les foules par les dehors d'une austérité afTecléc, multipliant ses attaques contre l'abbé de Glairvaux avec une haine obstinée. Mais Bernard ne perdait pas de vue l'agitateur. Eclaires par lui. In roi de France d'abord avait chassé Arnaud de ses Etats ; l'évéque de Zurich l'avait ensuite expulsé de son diocèse ; le peuple lui-même, apiès un premier mouvement d'enthou- Sa !uii«

[' ' ' i ' } ' ^ ir.i ji'T j'i contre le Sénat

siasme, unissait p«r voir clair et par se détacher de* lui. Le cardinal- ^^^.^

légat eu Alicmagno, Guy, piofîta de ces déboires du novateur, pour luilonnaire lui inspirer la résolution d'alltr trouver le pape exilé et de lui faire ^, °/"*^ ^ ,

A ^ * ' contre Arnaud

sa soumission. Les nouvelles qui lui venaient de Rome ne purent de Brescia. qu'encourager Arnaud à suivre ce conseil. « Diplomate habile et fin tacticien, Eugène III avait su intéresser à sa cause les comtes de la Gampanie, les habitants de Tivoli et des villes ou villages avoisinants. Groupant toutes ces forces, accrues encore par les intelligences qu'il avait dans la place, il avait réduit enquelques mois ses ennemis à la dernière extrémité. Le Sénat vaincu demandai entrer en pourparlers. Ge fut le pontife qui dicta les conditions delà paix. Le patriciat était aboli, et la préfecture de Rome rétablie. Si le Sénat de

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