‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 211 sur 336 · I. Otton dk Frëisingen, Chronicon, VII, 3i · texte numérisé non relu

I. Otton dk Frëisingen, Chronicon, VII, 3i

Soumission mornentanée

du Sénat et d'Arnaud.

Reprise de la lutte.

Fin d^Â.rnaud de Brescia.

Rome fut maintenu, ce fut à la condition qu'il garderait un caractère purement municipal *. » Arnaud de Brescia, vers la fin de l'année 11/^5, se rendit à Viterbe, abjura ses doctrines, et fut reçu par Eugène m dans la communion de l'Eglise, à la condition d'accomplir dans la ville de Rome, en pénitence de ses péchés, des jeûnes, des veilles et des prières déterminés par le pontife^. Peu de temps après, le 20 décembre 1 145, le pape fit son entrée dans la Ville éternelle au milieu des cris de joie de la population ^.

Cet apaisement fut malheureusement de peu de durée. La soumission d'A^rnaud de Brescia avait sans doute été déterminée plus par les insuccès de sa cause que par un vrai repentir. Quelques mois après, la démagogie était de nouveau déchaînée dans Rome, et Arnaud en était le chef. Du haut du Gapitole, il ne se contentait plus de tonner contre le clergé en général. Il s'attaquait directement à la papauté, qu'il déclarait déchue de tout droit au respect des peuples; au pouvoir temporel, dont il niait la légitimité ; à la personne même d'Eugène III, qu'il proclamait anathème *. Arnaud de Brescia devait rester maître de Rome pendant dix ans, jusqu'au moment où, la démagogie se perdant parses propres excès, il dut honteusement quitter la ville en ii55, sous Adrien IV. Les troupes de Frédéric Barberousse s'emparèrent de lui ; et le préfet de Rome, qui représentait à la fois la papauté et l'empire, le condamna à être pendu. Son cadavre fut brûlé^ et ses cendres jetées dans le Tibre ^.

Eugène III

reprend

l'œuvre des

croisades.

Les malheurs de Rome n'avaient pas un instant fait oublier au souverain pontife les infortunes d'une autre ville sainte, Jérusalem, et des Etats chrétiens de la Palestine.

Pendant son exil à Viterbe, en 11 45 ^, le pape Eugène reçut deux ambassadeurs venus d'Orient. Des députés arméniens vinrent lui

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