Nom donné aux sultans de Syrie et d'Egypte
comme ils avaient la connaissance pratique des lieux, ils venaient, non avec des armées régulières, mais par bandes, harceler leurs ennemis durant les marches, leur tendre des embuscades, lesassaillir dans leur fuite, lis n'avaient point de plan de guerre suivi, à cause des discordes de leurs chefs ; mais leurs attaques étaient incessantes; des hordes toujours nouvelles arrivaient à chaque instant du Khorassan, du Tigre, du Caucase, pour remplacer ceux que la guerre avait exterminés. Les soudans de Mossoul, sur le Tigre, se laissaient gouverner par des ministres, ou Atabeks ^, dont l'un, Imaded-Din Zenki, s'étant rendu indépendant, obtint la Mésopotamie et la Syrie du Soudan de Bagdad, à qui il persuada qu'il était important de réunir sous une seule main les petits Etats situés entre le Tigre et la Méditerranée. Zenki, aussi audacieux qu'habile, résolut de détruire tous les Etats chrétiens. C'est lui qui, en ii4A, paraissant tout à coup devant la ville d'Edesse, en fît miner les murs, et, aussitôt après leur écroulement, envahit la ville avec une armée, et en massacra les habitants, avant que les autres Etats chrétiens eussent eu le temps d'envoyer des secours à la ville. Ghuted'Edesse Edesse était considéré comme le boulevard de Jérusalem. La ^ '* consternation fut grande en Europe à la nouvelle de sa chute. L'idée d'une nouvelle croisade dut naître simultanément dans l'esprit du pape et dans celui des souverains chrétiens. Le roi de France, Louis le Jeune, était plus particulièrement préparé à la faire sienne. Il avait I^uisle Jeune déjà fait le vœu, nous l'avons vu, d'aller, en expiation de ses fautes, à m-endre la ^ Jérusalem. Le jour de Noël de i i/i5, il annonça à ses barons qu'il croix, avait l'intention de prendre la croix. Comme quelques-uns d'entreeux faisaient des objections, il manda l'abbé de Clairvaux 2, qui con- Lc pape confie seilla de s'en remettre au pape '. Eugène III répondit à la demande saint Bernard ^^ ^^^ P^^ "°^ bulle, qui conviait tous les fidèles du royaume de ia prédication France à s'armer pour la défense du tombeau du Christ ^. La prcdi- «,.Jco!io cation de la croisade fut confiée à Bernard de Clairvaux.
(( Bernard entrait alors dans sa cmquante-sixieme année. 11 était a l'apogée de sa gloire, d L'Allemagne et la France le vénéraient comme un apôtre et un prophète », nous dit Otton de Freisingen ^