‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 217 sur 336 · I. P. L.. t. GLXXX, col. 2^9 et s · texte numérisé non relu

I. P. L.. t. GLXXX, col. 2^9 et s

a. S. Bernard, Epist , CGGXXVII.

3. Vita Dernardi, 1. III, cap. v ; S. Bernard, Ep/s/ , CCCXXXVII.

4. Hugo Metelle.>si6, dans Hugo, Sacrœ antiq. inmtum.^ II, 33o.

Hist. gén. de l'Eglise. — IV

pare dans la cathédrale de Sens, alors métropole de l'Eglise de Paris. De nombreux prélats, le roi de France lui-même, ont promis de venir rehausser par leur présence l'éclat de cette fête. Abailard demande à l'archevêque de Sens, et obtient de lui l'autorisation de s'expliquer devant l'assemblée des prélats, transformée en concile. L'abbé de Clairvaux n'augure aucun bien d'un retentissant débat. 11 se rend à l'invitation de l'archevêque, mais, dans une réunion préliminaire des évêques présents, il a bientôt fait de les convaincre qu'il ne peut s'agir d'offrir au novateur l'occasion d'une joute brillante. C'est en accusé, et non en provocateur qu'Abailard doit comparaître. Bernard produit les ouvrages incriminés, en extrait les propositions les plus audacieuses, en prouve l'hétérodoxie, et, quand Abailard se présente devant l'assemblée, c'est pour s'entendre dire que le choix lui est offert, ou de renier ses doctrines, ou de les justifier par des raisons théologiques. Déconcerté par la lactique de 11 condamne 1 Assemblée, et prévoyant une condamnation, Abailard refuse de se d'Abailard. justifier, et déclare avec fierté qu'il en appelle au pape. Le concile lui donne acte de sqn appel, et censure, dans ses œuvres, quatorze articles, qu'il déclare opposés à la foi et manifestement hérétiques K

Abailard semble avoir été une de ces natures que la popularité enivre, que le bruit exalte, mais que le silence et la solitude ramènent à la sagesse. Peu de temps après le concile de Sens, il écrivait : « La logique m'a rendu odieux au monde .. Je ne veux plus être philosophe, s'il faut me révolter contre Paul. Je ne veux pas être Aristote, si je suis séparé du Christ ; car il n'est pas sous le ciel d'autre nom que le sien, en qui je doive trouver mon salut*. » Cependant Innocent II, saisi à la fois par Abailard et par Bernard, avait instruit Le pape Paffaire. Dès le 1 6 juillet i i/Jo, il écrivit à l'archevêque de Sens pour la sentence confirmer la sentence du concile '; puis, dans un édit, il ordonna du concile. qu'Abailard fût enfermé dans un monastère et que ses livres fussent brûlés *. Abailard s'inclina devant le jugement suprême. Il sollicita seulement du pape la grâce de finir ses jours sous la conduite de Pierre le Vénérable, en l'abbaye de Cluny. Innocent II accéda à sa demande. Après avoir édifié la grande abbaye par la régularité de

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