‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 223 sur 336 · I. GalUa chrisliana, t. \ II, p. 67 et s · texte numérisé non relu

I. GalUa chrisliana, t. \ II, p. 67 et s

a. L'élude critique du Livre des Senlences révèle sa dépendance à l'égard de saint Jean Damascène comme à l'égard de l'œuvre d'Llugues de Saint-Victor.

3 Sur l'humilité de Pierre Lombard, voir l'anecdote racontée dans V Histoire lU" téraire, t. XII, p. 586-687.

4. Cf. Pkotois, Pierre Lombard, son époque, sa vie, ses écrits, un vol. in-80 Paris, 1881. *

88o HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE

Saini Bernard Est-ce à l'école mystique d'Hugues de Saint- Victor ou à l'école de 1 Eglise, positive de Pierre Lombard qu'il faut rattacher saint Bernard? Par l'élan de sa piété, l'abbé de Clairvaux se rattache plutôt à la première de ces écoles ; mais, de parti pris, et par la complexité même de son œuvre, il se dérobe à toute classification, a Oh ! que m'importe la philosophie? s'écrie-t-il. Mes maîtres sont les apôtres. Ils ne m'ont pas apprisà lire Platon, nia démêler les subtilités d'Aristote. Mais ilsm'ont appris à vivre. Et, croyez-moi, ce n'est point là une petite science ^.» (( Malgré le dédain qu'il professe pour les hautes spéculations théologiques, Bernard, dit son dernier historien, est un théologien très averti et très profond. Si les vaines querelles de l'école lui échappent, la vraie métaphysique n'a pas pour lui de secrets. D'un mot, il édaire les questions -. » Sa connaissance de l'Ecriture et des Pères est remarquable. La Bible lui est familière ; saint Ambroisc, saint Augustin et saint Grégoire le Grand sont ses auteurs de chevet. Mais, philosophe comme Hugues de Saint-Yictor, érudit comme Pierre Lombard, il ne se soucie pas d'organiser ses idées ou ses connaissances en système. Le devoir de sa charge cependant, le souci de la direction d'un grand monastère, l'amèneront à exposer d'une manière didactique ses principes de vie spirituelle. H sera un ancêtre de la théologie ascétique et de la théologie mystique.

Sa doctrine L'ascétique avait déjà eu ses docteurs. Au début da v* siècle,

ascétique. Çassien, en recueillant les maximes et les exemples des moines d'Orient, en avait formulé les règles définitives. Bernard en expose la doctrine complète dans ses deux traités : De gradlbas humilitatis et superbiœ ^ et De dillgendo Deo^. Dans le premier, il définit l'humilité, base de toute perfection : €la vertu qui rend l'homme vil à ses propres yeux par la connaissance très vraie qu'il a de son état » ; puis il donne l'explication de douze degrés de l'orgueil, en une série de tableaux « dont quelques-uns ne dépareraient pas la galerie des Caractères de la Bruyère ^ ». Dans le traité De dlligendo Deo, Bernard analyse, au contraire, les degrés de l'amour, qui sont : l'amour de soi, l'amour de Dieu pour soi, l'amour de Dieu pour lui-même et l'amour pur : en d'autres termes : l'amour-propre, l'amour mercenaire, l'amour filial

1. S. Bernard, Infesto sancti Pétri, n. i. Cf. Sermo III, in Pentecosten, n. 5

2. Vac.odard, au mot Bernard {saint), dans le Dict. de théol.» de Vacant, t. Il, col. 582.

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