‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 224 sur 336 · Vacandard, op. cit., col · texte numérisé non relu

Vacandard, op. cit., col

l'organisation de la chrétienté 38 1

et l'amour béatifique. Quant à la règle qui doit nous guider dans la pratique de l'amour, il la formule en une maxime que saint François de Sales a faite sienne : v La mesure d'aimer, c'est d'aimer sans mesure, n Modus, sine modo diligere. Pour les questions de détail et les applications pratiques qui se rattachent à sa doctrine spirituelle, elles sont traitées dans ses sermons et dans ses lettres, où abondent les Quelaues-

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formules heureuses et les traits saisissants. « Supprimez la volonté maximes.

propre, s'écrie-t-il, et il n'y aura plus d'enfer*. » « Croyez-en mon

expérience, écrit-il à son disciple, qu'il veut amener à la pratique de

la méditation, vous trouverez quelque chose de plus dans les forets

que dans les livres », amplias in sylvis quam in libris 2. « Dans la

voie de la sainteté, dit-il, qui n'avance pas, recule^. » « Tout ce qui

s'ajoute à nos vanités est un vol fait à nos besoins *. » « Sous prétexte

qu'on ne peut en appeler de vous à personne, écrit-il au pape

Eugène III, gardez-vous de croire que vous n'avez d'autre loi que

votre volonté, et d'exercer votre puissance sans tenir compte de la

raison ^. » «Ne vous livrez jamais tout entier à l'action; réservez

toujours quelque chose de votre âme pour la méditation ^. » « On ne

donne que de son trop-plein, écrit-il encore ; si vous voulez être

sage, faites- vous réservoir avant d'être canal '^. « « L'habit ne fait

pas le moine, dites-vous. Soit, mais le cœur vain met sur le corps

la marque de sa vanité ^. » « Un insensé sur un trône, c'est comme

un singe sur un toit ^. »

Au fond, ce piquant observateur des hommes et des choses est un contemplatif ; ce moine, qui voit si bien les défauts et les travers de l'humanité, quand son ministère lui commande de les regarder pour les combattre, n'aspire qu'au silence et au tête-à-tête avec Dieu; et la partie la plus originale de l'œuvre de saint Bernard est sa théo- Sa théologie logie mystique. On en trouve l'exposé dans les quatre-vingt-six mystique, sermons qu'il a donnés sur le Cantique des cantiques.

Jusqu'au xii^ siècle, l'Eglise n'a pas possédé d'autres traités de mystique que les écrits du pseudo-Denis et leurs commentaires. Mais

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