‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 239 sur 336 · Watterich, II, 629 et s · texte numérisé non relu

Watterich, II, 629 et s

S.Ibid., II, 548 et s.

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE

valoir en même temps à son souverain la possibilité de gagner à sa cause le roi d'Angleterre Henri II, alors en conflit sourd avec Alexandre à cause de l'archevêque de Cantorbéry, Thomas Becket.

L'empereur réunit à Wûrzbourg, à la Pentecôte de ii65, une diète, (( en vue, disait-il, de délibérer sur la situation religieuse de l'Empire », en réalité dans le dessein de grouper tous ses sujets autour de l'antipape. Après une « humble invocation à l'Esprit-Saint », il fit jurer à tous les grands de l'Empire, puis aux évêques, qu'ils ne reconnaîtraient jamais comme pape Alexandre lïl. Il étendit cette obligation du serment à tout le clergé, puis à toute la population de la Germanie. Plusieurs évêques ne prêtèrent qu'avec des réserves plus ou moins vagues ce serment tyrannique. D'autres, cédant à la pression impériale sur le moment, le révoquèrent plus tard ^ . Mais de telles mesures ne créaient, Rainald de Dassel le comprenait bien, qu'un lien tout extérieur et d'ordre purement disciplinaire dans l'Eglise d'Allemagne ; pour y faire naître une cohésion plus profonde, le chancelier imagina de prononcer, le 24 décembre ii65, avec l'assentiment de l'antipape Pascal III, la canonisation de Charlemagne, La dévotion au grand empereur allait être, espérait-il, le lien religieux qui unirait, dans le schisme, la nation allemande *.

Ces mesures n'eurent qu'une efficacité passagère. En Allemagne même, plus d'un évêque, tel que Conrad de Salzbourg, resta inébranlablement fidèle à la cause d'Alexandre^, et, malgré les persécutions de l'empereur, fut suivi par tout son clergé. Dans la haute Italie l'opposition s'était organisée. Une ligue de villes, appelée la Ligue vcronaise, parce que Vérone en fut le centre, s'était formée en vue de résister à l'empereur et à son antipape. Milan se relevait de ses ruines au milieu de l'enthousiasme populaire. Le pape Alexandre avait cru même, de l'avis des rois de France et d'Angleterre et de ses cardinaux, que le moment était venu de faire sa rentrée dans Rome. Il y était rentré, en effet, le 23 novembre ii65, au milieu des acclamations. Mais Barberousse et Rainald tentèrent alors un efi'ort suprême. Vers la fin de juillet 1167, l'empereur arriva sous les murs de Rome à la tête d'une armée. Après huit jours de lutte, il entra dans

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