M. G., SS.,IX, 611-G
Diète
de VVurz bourg
(ii65}.
Un serment
de fidélité
à l'antipape
est imposé
à tous
les Allemands.
Canonisation
de
Charlemagne
par
l'antipape
(29 décembre
Ii65).
La ligue vérouaise.
Invasion de Rome
par Frédéric Barberousse
(juillet 1167).
Il en est chassé par la peste.
Mort
de Rainald
de Dassel
(i4 août 1167).
La Ligue lombarde.
Fondation d'Alexandrie (mai 1168).
la ville, et mit le feu à l'église de Saint-Pierre, qui put cependant échapper à la destruction. Alexandre III n'eut que le temps de s'enfuir, déguisé en pèlerin. Le i^^ août, Frédéric P"" se fit sacrer à Saint- Pierre par l'antipape, et les Romains furent forcés de venir jurer fidélité à Pascal III. Le triomphe du schisme parut eomplet.
Ce triomphe fut de courte durée. Barberousse et son antipape avaient pour eux les hommages extérieurs, tout ce que peuvent donner la force, la terreur, le prestige du succès ; mais ils n'avaient pas les âmes. De tels triomphes sont toujours précaires, et ils sont parfois suivis de terribles lendemains.
Le 2 août, une peste terrible éclata subitement dans l'armée impériale, et, en peu de jours, enleva, dit-on, vingt-cinq mille hommes. Le 6 août, Frédéric dut, à son tour, quitter la ville avec ce qui lui restait de troupes valides. Mais, dit un historien, « l'ange de la mort le poursuivit dans sa retraite». Le i4 août, Rainald de Dassel fut emporté par le fléau. Il avait été élevé, deux ans plus tôt, par Frédéric à l'archevêché de Cologne ; Dieu lui laissa, dit-on, le temps de se repentir et de recevoir les derniers sacrements. « Frédéric dut abandonner ses dernières troupes, débris d'une magnifique armée, pour ne songer qu'à échapper lui-même au danger. Cette chute subite, épouvantable, de la plus haute prospérité à la détresse la plus profonde, apparut à tous comme une punition de Dieu, et releva le courage des partisans d'Alexandre autant qu'elle abattit leurs adversaires. Les Lombards se révoltèrent ouvertement, chassèrent les amis et les partisans de l'empereur, et travaillèrent à reconquérir leurs anciennes libertés. Le nombre des révoltés s'accrut rapidement. Le i®"" décembre 1167, la grande Ligue lombarde comptait déjà treize villes. C'est à grand'peine que l'empereur, soutenu par quelques princes et quelques cités, put se soutenir dans la péninsule jusqu'au mois de mars de l'année suivante. Il dut alors feindre de se réconcilier avec l'Eglise, recourir à un déguisement, et, avec une faible escorte, parvint à gagner l'Allemagne par le Piémont et la Bourgogne. Son départ ne fit que fortifier la Ligue. Le pape y était entré ouvertement pour soutenir, contre l'absolutisme impérial, la liberté civile aussi bien que la liberté ecclésiastique. Le i^'mai II 68, il en fut reconnu le chef. C'est alors qu'il bâtit la ville d'Alexandrie, la Rome lombarde, dont les consuls devaient jurer fidélité au pape, et qui fut, dès l'origine, un hommage à Alexandre III,
l'organisation de la chrétienté 409
un défi à l'empereur et le boulevard de la liberté italienne 1. »
Dans cette Allemagne elle-même, dont il avait voulu assurer Frédéric