‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 243 sur 336 · I. A. DU Boys, op. cit. , p. 3ii · texte numérisé non relu

I. A. DU Boys, op. cit. , p. 3ii

a. Ibid , p. 3ii-3ia.

llist. gén. de l'Eglise. — IV

Troisième

concile

de Latran

(onzième

œcuménique)

(mars 1179).

Règlement

pour l'élection

des papes.

Décisions

relatives

aux soins

des lépreux,

aux écoles

populaires

gratuites,

à la

Trêve de Dieu,

aux infidèles

et aux hérétiques.

Autres actes réformateurs

du pape Alexandre III.

Alexandre III profita de cette période d'apaisement pour réunir un grand concile. L'objet de ce concile, qui se tint au Latran, du 5 au 19 mars 1179, ®* ^^^^ ^^^ ^^ onzième œcuménique, était de confirmer la paix conquise par les luttes des années précédentes, et d'en assurer les heureux résultats par des mesures de réforme et d'organisation. L'assemblée, présidée par le pape en personne, compta près de mille membres, dont plus de trois cents évêques. La paix de Venise fut ratifiée. Parmi les vingt-sept canons disciplinaires qui furent portés, on doit remarquer celui qui régla les conditions de l'élection pontificale. « Celui-là seul sera pape, fut-il décidé, qui aura été élu par les deux tiers des électeurs. » Par là même, il était bien entendu que ces électeurs étaient les cardinaux seuls. Un certain nombre de dispositions eurent pour but de rappeler aux clercs la vertu de désintéressement ; tels furent les canons qui leur défendirent de recevoir aucune rémunération pour cause d'installation, de sépulture, de mariage, d'administration de sacrements et même d'enseignement. D'autres décisions furent dictées par le désir de promouvoir et de développer les œuvres d'assistance et d'éducation. Des églises et des prêtres furent spécialement affectés au service des lépreux ; et il fut statué qu'auprès de chaque cathédrale une école gratuite serait entretenue pour instruire les pauvres. Le souci de la paix sociale et de la protection des pauvres gens inspira les décisions relatives à la Trêve de Dieu et la défense faite aux petits seigneurs d'établir de nouveaux impôts sans l'autorisation expresse des souverains. Enfin, le concile se préoccupa de prémunir la société chrétienne contre les attaques ou les infiltrations dangereuses des infidèles et des hérétiques, lesquels étaient, la plupart du temps, des perturbateurs de l'ordre social. Défense fut faite aux juifs et aux musulmans d'avoir des esclaves chrétiens ; l'anathème fut prononcé contre quiconque fournirait des armes, du bois, des pilotes aux Sarrasins ; et les princes furent invités à réprimer par la force les bandas de Cathares et de Cottereaux qui, en même temps qu'ils professaient de funestes doctrines, troublaient la société par les désordres de leur vie, parfois par leurs brigandages.

L'activité réformatrice et organisatrice d'Alexandre III fut loin de se borner à la tenue de ce grand concile. Il entra en négociations, sans succès d'ailleurs, avec Tempereur Manuel Comnène pour la

L ORGANISATION DE LA CHRETIENTE

Téunion des Eglises d'Orient à l'Eglise romaine. Il favorisa de tout son pouvoir les missions en Asie. Il réserva au Saint-Siège seul le droit de procéder aux canonisations, et canonisa, en dehors de tout concile général, saint Thomas Becket en 1173, saint Bernard en 1 174. Protecteur des universités, il accorda des dispenses de résidence pour faciliter aux clercs la fréquentation des cours ^ Canoniste de marque, il enrichit le droit canonique de décrétales nombreuses ^. li favorisa beaucoup l'ordre des Chartreux, dont il approuva la règle eu II 76 3, et encouragea les débuts de Tordre des Carmes *. Enfin il montra un grand zèle pour la répression et l'extinction des hérésies.

L'histoire des mesures qu'il cru t devoir prendre à cet égard demande quelques développements. Elle se rattache, en effet, à l'histoire générale des origines de l'Inquisition.

Jusqu'au milieu du xii'^ siècle, les pénalités infligées aux hérétiques L'Inquisition ne furent que des représailles populaires ou des mesures exceptionnelles de salut public. Comme l'a remarqué un historien, « on n'appliquait pas à des coupables convaincus d'un crime la peine portée par la loi ; il n'y avait ni crime ni peine; on prenait une mesure politique de sûreté, pour couper court à ce que l'on considérait comme un danger public 5. » On a parfois représenté l'Inquisition comme une institution imaginée par l'Eglise, imposée par elle aux princes chrétiens et passée par là dans les mœurs publiques du Moyen Age. La vérité est que son établissement a suivi une marche toute contraire. Les premières exécutions des hérétiques ont eu un caraclère populaire, et se sont faites souvent contre le gré des princes et de l'Eglise. Le manichéisme, qui fut la grande hérésie des xi® et xu*^ siècles, avait, par le caractère mystérieux de son organisation, par l'audace de ses doctrines antisociales, par les violences et par les mœurs suspectes de ses adeptes, excité dans le peuple une méfiance qui s'était peu à peu changée en haine. On avait vu ces cathares, ces pa tarins, ces ariens, ces poplicans, ces piples, ces bulgares ou boulgres, car tels étaient les noms divers par lesquels on désignait, suivant les

Les premières

origines de l'Inquisition.

Caractère antisocial des hérésies néomanichéennes

des ne et xiie siècles.

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