Jaffé, n. 12733, 1379/i
II. Voir B. ZiMMERMANN, au mot Carmes, dans le Dict. de théol. de Vacamt, t. II, col. 1776 et s.
5. Julien Havet, l'Hérésie et le bras séculier au Moyen Age^ dans Œuvres, t. II, p. i34.
t'remiere phase de la répression :
les
soîilèvements
spontanés
de la foule.
Detixième
phase :
intervention des princes.
L Eglise,
entraînée
par le peuple
et par
pays, les adliérents de cette hérésie, piller les églises, briser les calvaires élevés le long des routes par la piété des fidèles, rejeter les sacrements de l'Eglise, prêcher contre la famille et le mariage, avoir une sorte de culte pour un Dieu mauvais, qui ne pouvait être que Satan lui-même, et le bruit courait que des crimes contre nature se commettaient dans leurs conciliabules secrets ^ En io4o, à Milan, le foule, s'étant emparée d'un groupe d'hérétiques, éleva un bûcher sur la place publique, et, malgré les efforts de l'archevêque de la ville, brûla tous ceux qui refusèrent de rétracter leurs erreurs. En 1077, ^ Cambrai, le peuple s'empara d'un patarin, qui venait d'avouer son hérésie devant l'archevêque, et, sans attendre le jugement, l'enferma dans une cabane, où il mit le feu. En iii4, la population de Soissons, profitant d'une absence de l'évêque, se porta à la prison épiscopale, en arracha les hérétiques, alluma un bûcher hors de la ville, et les ybrûla^. «Le peuple, dit Guibert de Nogent, appréhendait à leur égard l'indulgence du clergé ^. »
Vers le milieu du xii* siècle, en présence des progrès que faisaient les sectes manichéennes et du caractère à la fois anticatholique et antisocial de leurs doctrines *, les princes entrèrent résolument en campagne et allumèrent des bûchers en France, en Allemagne, en Italie, en Flandre^. On vit même, à Vézelay, en 1167, l'abbé du monastère suivre ce mouvement, entraîné par la foule. Des accusés venaient d'être convaincus d'hérésie. Une multitude nombreuse avait suivi les diverses phases de l'interrogatoire. L'abbé s'adresse au peuple : « Que voulez-vous qu'on fasse de ceux qui persistent dans leur erreur ? » Un même cri s'échappe de toutes les poitrines : « Qu'on les brûle I qu'on les brûle ! » Ce qui fut fait ^.
D'une manière générale, « l'Eglise, loin d'encourager le peuple et les princes dans cette voie, continuait de proclamer, par l'organe de ses évêques, de ses docteurs et de ses conciles, qu'elle a horreur du
1. Sur les doctrines de ces sectes manichéennes, voir J, Guiraud, au mot Inquisition, dans le Dict. apol. de la foi cathol., t. II, col, 834 et s. ; Vagandard, l'Inquisition, un vol, in-12, Paris, 1907, p. 89 et s , 85 et s. ; Douais, les Albigeois, un vol. in-8°, Paris, 1879.
2. Voir Charles Moeller, V Inquisition au Xllb siècle. Origine des bûchers^ dans la Rev. dliist. ecclés., t. XIV, 191 3, p. 722-743.
3. Clericalem verens mollitiem, dans le Recueil des hist. des Gaules, t. XII, p. 266. Cf. sur tous ces faits J. Guiraud, op. cit., col. 828-829.