‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 246 sur 336 · Mansi, XXI · texte numérisé non relu

Mansi, XXI

9. Lea, Hist. de flnquis., trad. Salomon Reinach, t. I, p. 139.

10. Vacandard, p. 60. On a voulu expliquer ces rigueurs d'Henri II par le désir qu'il aurait eu de «e poser en farouche défenseur de l'Eglise au moment oîi il luttait contre Thomas Becket ; mais au moment où il était réconcilié avec le Saint-Siège, il donna les mêmes preuves de sa haine contre les hérétiques.

Le concile de La Iran

de II 79

engage

les princes

à réprimer

par les armes

les sectes hérétiques.

gager plus résolument dans la voie de la répression. Au concile de Latran de 1 179, le pape, tout en rappelant que le clergé doit avoir horreur du sang, cruenias effugiat uliiones, engagea les princes et les peuples à prendre les armes contre les cathares du comté de Toulouse, de la Gascogne et de l'Albigeois. C'était à la fois poser le dernier acte préliminaire de l'Inquisition, qui allait être réalisée, cmq ans plus tard, par le pape Lucius III, et préluder à la croisade contre les Albigeois, que devait entreprendre Innocent III.

L'Eglise cherche surtout

à combattre

le faux

mysticisme

des

manichéens

en favorisant le vrai

mysticisme.

Richard de

Saint-Victor

Caractère de son œuvre.

En prenant, à son corps défendant, sous la pression des événements, ces mesures répressives, le pape Alexandre n'oubliait pas que le meilleur moyen de ramener au vrai les âmes égarées par les séductions d'un faux mysticisme et d'une fausse doctrine, est la diffusion de la vraie science et de la vraie sainteté. L'une et l'autre brillaient alors d'un grand éclat dans la célèbre abbaye de Saint-Victor de Paris, principalement représentée, dans la seconde moitié du xii^siècle, par un grand théologien, Richard, et par un grand poète, Adam.

Richard de Saint-Victor, originaire de l'Ecosse, avait sans doute rencontré à Paris l'Italien Pierre Lombard. Un même dévouement à l'Eglise et à la science animait ces deux hommes ; mais leurs méthodes, répondant à des nécessités diverses, furent différentes. Pierre Lombard, esprit positif et judicieux, en groupant et en expliquant à la lumière du sens commun, dans son livre des Sentences, un riche trésor de textes patristiques, prémunissait les esprits contre les troubles intellectuels qu'aurait pu susciter le Sic et Non d'Abailard. Richard de Saint-Victor, âme méditative et mystique, allait empêcher de dévier vers les conceptions d'une spiritualité suspecte les âmes éprises de contemplation et d'amour.

Nature ardente, Richard de Saint- Victor se révèle tout entier dans la préface de son principal ouvrage, son traité de la Trinité : « Portons-nous, dit-il, vers la perfection... Secoue ta poussière, fille de Sion, ô mon âme. Dresse l'échelle de la contemplation. Prends des ailes, comme l'aigle. Soulève-toi au-dessus de la terre, élance-toi jusqu'au cieH. » Mais, comme on Ta dit, si « Richard pense surtout

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