Th. DE Régnon, op. cit., p. a^^i
5. De Trinitate, troisième partie. Cette explication de la Trinité par l'amour avait déjà été tentée par saint Augustin [De Trinitate, 1. VIII, cap. x). Il l'abandonna ensuite, pour expliquer le mystère par l'intelligence et la volonté, ilbid., 1. IX, cap. m.) Voir une étude approfondie de la théorie trinitaire de Richard de Saint- Victor dans Th. de Régnon, op. cit., p. 3o5-335.
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Adam de Saint-victor.
Son œuvre
poétique et musicale.
Introduction
de la prose rîmée.
aimeront toujours à y alimenter leur pensée et leur vie spirituelle.
Tout autre fut la destinée de l'œuvre d'un autre moine victorin, contemporain de Richard, le poète Adam de Saint-Victor. Peu de temps après sa mort, Odon de Sully inséra ses proses dans le missel de Paris ^ ; en I2i5 le pape Innocent III approuva solennellement son œuvre liturgique 2, et, pendant tout le Moyen Age, ses poésies eurent une place d'honneur dans les Eglises de la chrétienté 3.
Adam de Saint-Yictor, s'il n'est pas l'auteur des traités dogmatiques et liturgiques qu'on lui a attribués *, est du moins le plus
illustre représentant au xii* siècle d'une rénovation de la poésie liturgique. On ignore le lieu de sa naissance. Entré dans l'abbaye de Saint- Victor à Paris, ses dispositions musicales et littéraires le firent parvenir à la charge de préchantre ou chef de chœur, qu'il occupa avant ii3o. Il mourut après 11 78. Nous ne savons rien de plus sur sa vie ; mais ce que nous possédons de son œuvre, une cinquantaine de proses, dont l'authenticité est hors de toute discussion^, nous révèle à la fois l'originalité de son talent et l'importance des innovations que lui doit la poésie sacrée. Avec lui, la prose mesurée et rimée, qui n'avait été qu'une exception et un essai chez Notker et chez Abailard, se développe et prend une place aussi brillante, dans les chants d'église, que l'antique poésie fondée sur la métrique et In quantité des syllabes. Avec lui, chaque pièce est divisée en strophes d'un nombre égal de vers, et chaque strophe est partagée en demistrophes symétriques. Ses vers riment d'après des combinaisons variées. « Adam de Saint- Victor est un inventeur fécond de rythmes charmants, un « frappeur » de strophes, aussi habile, aussi harmonieux que les plus grands poètes du xix^ siècle^. » Il faut, de plus, lui faire honneur de la composition musicale de ses proses, ou du moins de leur adaptation à de très gracieuses mélodies, « qui marquent la fin du développement liturgique de l'art grégorien. En effet, si la mélodie est encore tout empreinte de la grâce de la vieille
1. Paul Lejay, au moi Adam de Saint-Viclor, dans le Dict. de théol. de Vacaiit, t. I, col. 388.
2. J. DE Paris, Mém. hist., Bibl. Nat., Ms. lat., i5oii, fo ^28.