‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 260 sur 336 · ACAMDARD, Vie de S. Bernard, t. II, p · texte numérisé non relu

ACAMDARD, Vie de S. Bernard, t. II, p

Hist. gén. de l'Eglise. — IV

Mission

confiée par

Innocent III

à des religieux

cisterciens

xiasion confiée

à saint Dominique

Portrait

de saint

Dominique.

comte de Toulouse, et des rois de France et d'Angleterre, avait envoyé en Languedoc un cardinal légat, muni de pleins pouvoirs pour réprimer l'hérésie. La soumission de quelques hérétiques, à qui furent imposées des pénitences publiques, des pèlerinages et des amendes, fut le seul résultat de cette mission, dont J'influence sur le mouvement général de l'hérésie fut à peu près nulle J. En 1198, Innocent III donnait à des religieux cisterciens, envoyés comme légats dans le comté de Toulouse, le pouvoir d'y appliquer toutes les sanctions jusque-là édictées par les conciles contre les hérétiques 2 ; mais leur rappelait aussitôt qu'il voulait a la conversion des pécheurs et non leur extermination ». « Nous vous ordonnons, leur écrivit-il, de choisir des hommes d'une vertu éprouvée. Prenant pour modèle la pauvreté du Christ, vêtus humblement, mais pleins d'ardeur pour leur cause, ils iront trouver les hérétiques, et, par l'exemple de leur vie comme par leur enseignement, ils tâcheront, avec la grâce de Dieu, de les arracher à l'erreur ^. »

Peu de temps après, c'est-à-dire au cours de l'année 1207, deux Espagnols, arrivant de Rome, l'évêque d'Osma, Diego de Acebes, et le sous-prieur de son chapitre, Dominique de Gusman, se rendirent en Languedoc pour y réaliser ce programme. L'évêque Diego dut retourner en Espagne après quelques mois de son ministère en France, et y mourut presque aussitôt. Dominique continua seul l'œuvre entreprise. Né en 11 70, le nouveau missionnaire était dans la force de l'âge. « Sa stature, dit un témoin de sa vie, était médiocre, mais son visage était beau. Ses cheveux et sa barbe étaient d'un blond vif. Il était toujours radieux et agréable, excepté quand il se trouvait ému de compassion par quelque affliction du prochain *. » Il marchait pieds nus, mendiant son pain, prêchant sur les chemins et dans les carrefours des villes et des villages, à la manière du divin Maître. Les hérétiques, d'abord, se moquèrent de lui, lui firent les pires menaces, tentèrent de les réaliser. La calme sérénité de son âme, son imperturbable intrépidité au milieu des dangers, des grâces spéciales de Dieu, qui confirma plus d'une fois sa parole par des miracles, le préservèrent de tout mal. Mais, dans les premiers jours

1. Parum profecerunt, dit le chroniqueur Robert de Torigni. Voir Ilisl. du Languedoc, t. VI, p. 79 et s.

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