‹ Histoire générale de l'Église (volume 2)Chapitre 261 sur 336 · PoTTHAST, n · texte numérisé non relu

PoTTHAST, n

3. A. LucHAïKE, Innocent lll, la croisade contre les Albigeois, p. 89.

4. Relation de Sœur Cécile, ap. Lacordaire, Vie de S. Dominique^ p. a 19.

L ORGAÎÎISATION DE LA CHRETIENTE

de 1208, un tragique événement, l'assassinat d'un des légats du pape, le moine cistercien Pierre de Gastelnau, amena Innocent III à modifier son attitude.

Le plan d'Innocent III, tel qu'on le trouve nettement formulé dans sa correspondance avec ses légats, était de ne pas s'attaquer directement au puissant comte de Toulouse, mais de gagner successivement les barons du midi et les bourgeoisies locales, afin que Raymond, se voyant abandonné, se convertît, ou qu'on eût plus facilement raison de lui ^. Mais, d'une part, la plupart des seigneurs à qui des appels furent adressés, se montrèrent réfractaires ou indolents; d'autre part, le comte de Toulouse répondit à cette tactique en se montrant plus irréductible que jamais. Le pape eut alors recours aux sanctioos spirituelles. Il fit prononcer par son légat Pierre de Gastelnau une sentence d'excommunication, qu'il confirma par une lettre énergique adressée au comte le 29 mai 1207 -. Le pape voulait l'épouvanter, et parut d'abord y réussir ^. Raymond promit de s'amender, et entra en négociations avec le légat ; mais sa promesse cachait des projets de vengeance. Un jour que Pierre de Gastelnau, las de ses tergiversations, menaçait de rompre les pourparlers, le comte ne put retenir sa colère : <c Prenez garde, s'écria-t-il à haute voix devant ses gens ; partout où vous irez, par terre ou par eau, j'aurai l'œil sur vous, » Quelques jours plus tard, le 16 février 1208, comme Pierre de Gastelnau, après avoir célébré la sainte messe, se disposait à passer le Rhône, à Saint-Gilles, un écuyer de Raymond le frappa à l'improviste, d'un violent coup de lance au bas des côtes. La blessure était mortelle. « Puisse Dieu te pardonner comme je te pardonne ! » s'écria le martyr avant d'expirer.

L'attentat était d'une gravité exceptionnelle. Le meurtre d'un ambassadeur a toujours été considéré, chez tous les peuples, comme un casas helli au premier chef; il était, de plus, dans la circonstance présente, la consommation d'une série d'attentats accumulés contre les catholiques depuis un siècle; il se produisait au moment où la

Plan d'Innocent III

dans sa campagne

contre les Albigeois.

Meurtre du Bienheureux

Pierre

de Gastelnau

(i6 février

laoSj.

Grave portée

cet attentat.

I. Innocent III, Epist., I. XI, n. a32. Cf. Luchaire, op. cit., p. 79-86.

a POTTHAST, n. Sllf\.

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